ÚÑÖ ãÔÇÑßÉ æÇÍÏÉ
  #2  
ÞÏíã 26 Mar 2013, 04:44 PM
ßÑíã ÒäÊíÓí
ÒÇÆÑ
 
ÇáãÔÇÑßÇÊ: n/a
ÇÝÊÑÇÖí


L’interaction entre le cœur et les actes

(Partie 2)



Voir : ârâ el murjiya fî musannafât Sheïkh el Islâm qui est une thèse ès Doctorat du D. ‘Abd Allah ibn Mohammed e-Sanad.



Les parasites faisant obstacle à ce mécanisme



Il est certes possible d’à la fois connaitre et détester Dieu, mais c’est à cause d’un tasdîq et d’un savoir faibles ; ils sont tellement faibles qu’ils n’ont aucun impact positif sur les sentiments et les actes. C’est alors ce sentiment de haine qui prend le dessus et qui fait obstacle à la foi, car la connaissance parfaite/valide (tamm) est une condition (shart) pour l’obtenir.



La foi est fondée sur deux piliers : croire (qui est l’essence de la parole du cœur) et aimer (qui est l’essence de l’acte du cœur) le Tout-Puissant. Un amour parfait/valide s’exprime forcément dans les paroles et les actes extérieurs, comme nous l’avons vu. Il est faux de confiner toute la foi dans le savoir et le tasdîq. L’amour est indispensable au savoir, et ce dernier est une condition pour obtenir cet amour, de la même façon que la vie est une condition pour obtenir le savoir. Néanmoins, le contraire n’est pas vrai, car on peut connaitre une chose sans l’aimer. Il y a même beaucoup de choses que l’on connait et auxquelles on croit, et que pourtant on déteste.



Il n’y a donc pas de corrélation entre croire à une chose et l’aimer, mais au même moment, nous savons qu’Allah est digne d’être aimé et adoré. Le cœur renferme cette double notion ; la connaissance et l’obéissance à l’Être supérieur. Croire en Son existence ne suffit pas pour prétendre à la foi, mais il incombe en plus de cela, de Lui vouer un sentiment d’amour. Cette croyance doublée de cet amour va se répercuter sur les membres à travers la parole et les actes, qui, à leur tour, sont l’implication, la preuve, et l’effet des sentiments. Les membres exercent également, en retour, une influence sur le cœur. Cette inter-influence est donc réciproque.



L’interaction entre le cœur et les actes



Néanmoins, le cœur est l’essence et le corps en est la partie subsidiaire d’où il puise sa source ; l’essence elle-même se renforce et se raffermit grâce à sa partie subsidiaire.



Le Coran nous fait la parabole de la parole de la foi dans le passage : [Ne vois-tu pas l’exemple qu’Allah donne d’une bonne parole, comparable à un bel arbre aux racines ancrées et dont les branches tendent au ciel • Il donne ses fruits à toutes les périodes de l’année par la volonté de Son Seigneur].[1] Il fait allusion à l’attestation de foi, qui, tout comme les racines d’un arbre, se renforce dès qu’on l’arrose et qu’on l’entretient. Ses branches, nourris par la pluie et les vents, prennent de l’éclat, et alimentent à leur tour, les racines.



La foi dans le cœur connait le même mécanisme en s’extériorisant dans les actes. Ainsi, étant donné que les paroles et les actes extérieurs réclament et impliquent les paroles et les actes intérieurs, ils en sont l’indice qui prouve leur existence.[2]



Selon ibn Ma’sûd : « Chacun de leur côté, l’ange et Satan insufflent à l’homme ; l’ange incite à faire le bien et à donner foi à la vérité, tandis que Satan incite à faire le mal et à démentir la vérité. »[3] Il pose ainsi les bases du fonctionnement humain ; il met en avant les deux forces dont nous avons parlé plus haut :

- la sensation et la perception (donner foi à la vérité et démentir le faux)

- la volonté et l’action (aimer le bien et détester le mal).



La première force est la source qui implique des fruits, et la seconde, les fruits, en est la réalisation ou le parachèvement. L’homme est instinctivement attiré vers le bien et repoussé par le mal. Le Prophète (r) a dit : « …les noms les plus véridiques sont Hârith (celui qui agit ndt.) et Hammâm (celui qui pense ndt.). »([4])



L’homme vacille constamment entre la pensée et l’action qui tend vers la recherche d’intérêt et la lutte contre toute forme de désagrément.



Ensuite, il est possible que ces espoirs soient mal fondés : soit il évalue mal son ambition qui n’est en définitive ni utile ni nuisible, soit les moyens qu’il utilise sont inefficaces en eux-mêmes. Ici, l’échec est dû à l’ignorance. Il peut mal agir en toute âme et conscience, mais mu par d’autres intérêts qu’il juge prépondérants. Ici, l’échec est dû à l’injustice, bien que sous un certain angle, il soit ignorant également, pour avoir mal géré son affaire.



Le savoir et la volonté sont à la base de toute action



Ainsi, la croyance (croire ou ne pas croire) et l’ambition (vouloir ou ne pas vouloir) sont propres à l’homme. Il est enclin naturellement vers le bien, mais il peut choisir le mal et compter ainsi parmi les perdants. Toute bonne croyance et toute bonne ambition viennent des insufflations de l’ange (en plus de son penchant naturel vers le bien) et toute mauvaise croyance et toute mauvaise ambition viennent des insufflations du diable.[5]



La foi qui repose sur six fondements donne nécessairement l’Islam qui repose sur cinq piliers et qui exprime la soumission au Tout-Puissant. Sauf empêchement, il est impossible de vouloir et d’aimer Son Seigneur sans que cela ne se concrétise à travers les bonnes œuvres, de la même manière que la volonté parfaite (irâda jâzima) doublée de la capacité devient inévitablement réalité. C’est une loi naturelle.



Par rapport à cela, il est impossible d’avoir une foi résolue sans exprimer l’attestation de foi. L’absence de cette attestation dénote l’absence d’une foi tamm. Nous nous rendons compte désormais de l’invraisemblance du crédo du Jahm et de ses adeptes qui imaginent une foi tout à fait utile dans l’au-delà sans fournir le moindre acte. C’est impossible, car une foi tamm donne forcément des fruits en fonction de ses capacités. Il est impossible d’aimer quelqu’un de façon résolue sans qu’on fasse le moindre geste pour entrer en contact avec lui ou le visiter, alors qu’on en a les moyens.[6]



Le tasdîq résolu (jâzim) laisse forcément des traces dans le cœur, sauf empêchement. Des traces comme la volonté résolue. Elle-même est forcément accompagnée, sauf empêchement, d’effets. En l’absence de tout empêchement, quand on ne met pas en pratique ses intentions, c’est qu’elles ne sont pas résolues.



Nous parlons toujours dans le cadre où aucun obstacle ne vient contrecarrer ce mécanisme. Nous disons donc que le tasdîq résolu est nécessairement accompagné des actes du cœur. Ces deux éléments, qui sont invariablement liés, transparaissent sur les actes dans les limites des capacités. Quand on ne fournit aucun acte du cœur, c’est la preuve que le tasdîq n’est pas résolu, et dans ce cas, on ne peut prétendre à la foi.

Or, même, avec un tasdîq résolu, les actes du cœur peuvent faire défection, ou, tout au moins, être sans conséquence en raison de leur déficience (tamm), à cause des passions, comme l’orgueil et la jalousie, qui leur font parasites.[7]



Ibn Taïmiya établit à ce sujet : « La foi contient une essence qui se trouve dans le cœur et qui impose deux choses : la croyance, la reconnaissance et la connaissance du cœur ; c’est ce qu’on appelle la parole du cœur, comme le décrit el Junaïd ibn Mohammed : « Le tawhîd incarne la parole du cœur et le tawakkul (placer toute sa confiance en Allah ndt.) l’acte du cœur. »



La parole et les actes du cœur sont indispensables, et, par voie de conséquence, la parole et les actes corporels. Des actes du cœur comme l’amour d’Allah et de Son Messager, la crainte révérencielle d’Allah, l’amour des choses aimées par Allah et Son Messager, et la haine de ce qu’ils détestent, la sincérité exclusive envers Allah l’Unique, tout comme le tawakkul, etc. Dans ce domaine entrent tous les actes du cœur imposés qu’Allah et Son Messager ont fait entrer dans la foi. Or, le cœur en est l’essence, ce qui veut dire qu’en décelant la connaissance et la volonté, cela doit nécessairement se traduire dans les actes, car, il est impossible que le corps se désiste de ce que le cœur lui réclame. »[8]



Un hadîth authentique nous apprend : « Il y a dans le corps un membre qui, quand il est sain, rend sain les autres membres, et, qui, quand il est corrompu, corrompt les autres membres ; il s’agit du cœur. »[9]

Abû Huraïra explique, pour sa part, que le cœur est le roi, et les autres membres ses soldats. Quand le cœur est bon, les membres suivent, et quand il est mauvais, ils suivent également.



Cette dernière parole est extraordinaire, mais elle n’est pas aussi éloquente que la précédente, celle du sceau des messagers. Il est possible, en effet, que les armées se rebellent contre un bon roi ; en tout cas, ils en ont le choix. Le contraire est aussi vrai. Soit, qu’une armée constituée de bons éléments soit fidèle à un mauvais roi. En définitive, il peut y avoir un bon roi avec une mauvaise armée et un mauvais roi avec une bonne armée. Or, dans l’exemple prophétique, le corps n’a aucune alternative et se soumet bon gré mal gré à la volonté du cœur, sans jamais n’en sortir.



À suivre…







[1] Ibrâhîm ; 24-25

[2] Voir pour ce long passage : Majmû’ el fatâwa (7/525-542).

[3] Rapporté par Tirmidhî (2991).

([4]) Rapporté par Abû Dâwûd (4950), e-Nasâî (3565), selon Abû Wahb el Jushamî (t).

[5] Majmû’ el fatâwa (4/31-34).

[6] Majmû’ el fatâwa (7/553).

[7] Sharh el Asbahâniya (2/583).

[8] Majmû’ el fatâwa (7/186).

[9] Rapporté par el Bukhârî (52) et Muslim (1599).

ÑÏ ãÚ ÇÞÊÈÇÓ