Fatwâ sur la visite de la mosquée du Prophète
(Partie 1)
Information sur les mosquées à visiter à Médine : fatwâ du Conseil permanent sur les règles de la ziyâra.
Au nom d’Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux
Fatwa n° 19729 en date du 27/6/1417 h.
Louange à Allah uniquement ! Que les Prières d’Allah et Son Salut soient sur celui après qui il n’y aura plus de prophète !
Suite à la question posée à Son Éminence le grand mufti par l’auteur des initiales mîm, alif, ‘aïn, et qui fut transféré au secrétariat général de l’Ordre des grands savants nº 1873 en date du 30/3/1418 h. ; et après consultation du Comité permanent de la recherche scientifique et de la fatwa de cette question dont voici l’énoncé :
« Votre Éminence ! Auriez-vous l’obligeance de répondre aux questions suivantes :
Premièrement : Quel est le statut en regard de la Législation islamique de se rendre à Médine pour prier à la mosquée du Prophète (). Puis, d’aller aux mosquées historiques de Qubâ, Qiblataïn, Jumu’a, et le groupe de mosquée musallâ (Ghamâma, e-Sidîq, et ‘Alî), etc. Une fois à l’intérieur, on y prie deux rak’a de salutation. Cela est-il permis ?
Deuxièmement : après la prière à la noble mosquée du Prophète (), le visiteur a-t-il le droit de se rendre aux autres mosquées historiques de la ville, juste pour les contempler et méditer sur l’histoire de nos pieux prédécesseurs. C’est également un cours pratique des connaissances acquises dans les livres d’exégèse (tafsîr), de hadîth, et d’Histoire relatant les expéditions prophétiques et les emplacements des différentes tribus ansârs ? Si vous pouviez me donner une réponse. »
Après étude, le Conseil de la fatwâ a donné la réponse suivante :
Pour répondre à ces deux questions, il incombe de tenir compte du détail suivant :
Premièrement : en faisant un recensement exhaustif des mosquées de Médine, il en ressort qu’elles se répartissent en plusieurs catégories :
1- Des mosquées dont le mérite est reconnu par les textes ; leur nombre ne s’élève pas à plus de deux :
- L’une d’entre elles est la mosquée du Prophète () qui est concerné en premier lieu par le Verset : Une mosquée fondée sur la piété depuis le premier jour, est plus digne de ta présence ; il y a des hommes qui aiment se purifier, et Allah aime ceux qui se purifient. C’est la deuxième mosquée pour laquelle il est permis de consacrer un voyage spirituel comme l’expriment des textes authentiques de la sunna. Un hadîth certifié et explicite nous apprend également : « Une prière dans ma mosquée vaut mieux que mille prières partout ailleurs en dehors de la Mosquée Sacrée. »
- La mosquée de Qubâ pour laquelle le Verset précédent fut révélé : Une mosquée fondée sur la piété depuis le premier jour. En outre, selon Usaïd ibn dhuhaïr el Ansârî – qu’Allah les agrée son père et lui –, le Prophète () a dit : « Une prière à la mosquée de Qubâ à la valeur d’une ‘omra. » Rapporté par e-Tirmidhî, ibn Mâja, etc. Selon Sahl ibn Hunaïf, le Messager d’Allah () a dit : « Celui qui se purifie chez lui pour se rendre ensuite à la mosquée de Qubâ pour y faire la prière, aura la récompense d’une ‘omra. » Rapporté par Ahmed, e-Nasâî, ibn Mâja à qui revient l’énoncé, etc.
2- Les autres mosquées de la ville qui ont le même statut que les mosquées traditionnelles, et qui ne jouissent d’aucun mérite particulier.
3- Les mosquées qui furent construites vers ou sur les lieux mêmes où le Prophète () fit la prière. Ex. : la mosquée des banû Sâlim, la place de la prière de l’aïd. Celles-ci ne concèdent aucun mérite particulier. Aucun texte n’encourage à y faire deux rak’a.
4- Les mosquées innovées qui sont imputées à l’époque du Prophète () ou des quatre Khalifes, et qui sont devenues de lieux de visite. Ex. : les sept mosquées, la mosquée de la montagne Uhûd, etc. Celles-ci n’ont aucune légitimité textuelle. Il n’est donc pas permis de s’y rendre juste dans le but d’y consacrer des actes d’adoration ni pour d’autres raisons. Une telle démarche relève de l’innovation manifeste.
Selon le grand principe de la religion : Allah est le seul objet d’adoration et les enseignements de Son Messager Mohammed () sont la seule source scripturaire, soit le Coran et la sunna. Puis, les annales des anciens qui ont appris la religion directement de la bouche du Prophète () et qui nous l’ont transmises intégralement. Ces derniers nous mettent également en garde contre les innovations, conformément aux commandements du meilleur des hommes que relate un hadîth authentique dont voici les termes : « Toute innovation qui ne fait pas partie de notre ordre sera refusée. » Selon une version : « Toute action non conforme à notre ordre sera refusée. »
Le Prophète () déclare également : « Accrochez-vous donc à ma tradition et à celle des nobles khalifes bien guidés. Tenez-la bien et prenez-la fermement par les molaires. Et méfiez-vous des choses nouvelles, car toute nouveauté est innovation et toute innovation est égarement. » Un autre hadîth nous apprend : « Suivez les traces de mes deux successeurs : Abû Bakr et ‘Omar. »
Il y a l’histoire également où certains Compagnons sollicitèrent au Prophète () de leur désigner un arbre auprès duquel ils rechercheraient la baraka, et sur lequel ils accrocheraient leurs armes : « Allah akbar ! S’exclama-t-il en réponse, C’est une vraie coutume ! Vous avez demandé – par Celui qui détient mon âme dans Sa Main – la même chose que les enfants d’Israël demandèrent à Mûsâ ! Désigne-nous une divinité comme la leur. »
Selon une autre annale : « Les Juifs se sont divisés en soixante et onze sectes, tandis que les chrétiens se sont divisés en soixante-douze sectes. Quant à cette communauté, elle va se diviser en soixante-treize sectes ; toutes sont vouées à l’Enfer à l’exception d’une seule.
- Laquelle Messager d’Allah, demandèrent les Compagnons ?
- C’est la voie sur laquelle nous sommes mes Compagnons et moi. » »
D’après ibn Wadhdhâh, avec sa propre chaine narrative, selon ibn Mas’ûd, ce dernier donna l’ordre de détruite une mosquée que ‘Amr ibn ‘Utba et ses compagnons bâtirent à zhahr el Kûfa (dans la campagne de Kûfa ndt.). Par la suite, il apprit qu’ils se réunissaient dans le coin d’une mosquée à l’intérieur de la ville et dans laquelle ils faisaient du tasbîh (dire : subhâna Allah ndt.), du tahlîl (dire : lâ ilâh illâ Allah ndt.) et du takbîr (dire : Allah akbar ndt.) un nombre de fois déterminé. Il revêtit un burnous (manteau ndt.) et se rendit à cette mosquée. Une fois sur place, il s’assit au milieu de leur groupe. Il resta un moment. Lorsqu’il confirma ce qu’il disait vraiment, il ôta son burnous de la tête, et s’exclama : « Je suis Abû ‘Abd e-Rahmân ! » Puis, il enchaina : « Soit vous avez dépassé les Compagnons de Mohammed en savoir soit vous avez rapporté une innovation ténébreuse… » Lui et d’autres mirent en garde contre l’innovation et encouragèrent à suivre le chemin des anciens.
Selon une annale certifiée, ‘Omar fit coupé l’arbre sous lequel les Compagnons prêtèrent allégeance au Prophète () de baï’at e-Ridhwân, quand il vit que certains gens s’y rendaient intentionnellement. Il se renseigna sur eux et on lui fit savoir qu’ils voulaient prier au même endroit que le Prophète () ; il se situait sur la route du hadj. Dans un élan de colère, ‘Omar s’écria : « En recherchant les traces de leurs prophètes, les communautés avant vous coururent à leur perte. » Fin de citation.
À suivre…
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