: Ab Btn
  #7  
26 Dec 2014, 07:44 PM
 
: n/a

Ibn Tamiya rpond la shubha qu'en tenant compte de la mauvaise interprtation venant soit du mujtahid soit du muqallid, cela revient offrir des excuses tout le monde :



Ibn Tamiya nous offre ce sujet une analyse dune subtilit incroyable, comme il en a le secret ; analyse aussi droutante quenvotante : Neuvimement : la raison cela, cest que lexcuse empche la maldiction datteindre un cas particulier. Nous avons vu prcdemment que les hadth sur la menace divine ont uniquement pour fonction de montrer que tel acte engendre la maldiction ; il est la cause lorigine de la maldiction.
On peut toujours avancer que cela nimplique nullement dapplique le statut correspondant chaque individu layant commis, mais cela implique que la cause est prsente, sans pour autant engendrer le statut quil lentraine ; cela veut dire quil ny aurait aucun mal le faire.
Nous avons tabli prcdemment que le mujtahid nest pas condamnable. Mieux, il est plus grave dautoriser moralement un pch que de la commettre. Pourtant, lexcuse est valable pour tout le monde.


On peut avancer galement quon ne peut tre quun mujtahid et un muqallid pour faire un pch, en sachant que ces deux sont excusables, cela veut dire que personne nest condamnable !


Ce quoi nous rpondons : la rponse peut se voir sous plusieurs angles :


Lun : lambition est de montrer que tel acte est lorigine de la punition indpendamment de se soucier quil existe quelquun pour le faire. Dans lhypothse o tous les fautifs ne remplissent pas les conditions pour recevoir la punition ou que celle-ci soit annule en raison dune restriction quelconque, cela ne remet nullement en question que ce pch soit interdit par la religion.
Lessentiel est de savoir ou de se rendre compte quil est interdit en vue de sen loigner. Nanmoins, la misricorde divine veut quun fautif ventuel soit excusable pour une raison ou pour une autre. Sur ce principe, nous avons les petits pchs, qui, bien quils soient interdits, sont expiables condition dviter les grands pchs. Ce principe est le mme pour tous les pchs qui ne font pas lunanimit ; notre rle consiste les dnoncer, mais, au mme moment un fautif motiv par lijtihad ou le taqld peut tre excusable. Cela ne nous empche nullement dtre convaincus que ce pch reste un pch.


Vu sous un autre angle, quand on met en lumire son statut, cest en vue de dissiper toute ambigut faisant obstacle la punition. Quand on est excusable en raison de sa mauvaise croyance, cela ne veut nullement dire quon doit rester ainsi, sans faire leffort de se renseigner dans la mesure du possible. Sinon, cela remettrait en question le devoir de propager la science ; cela signifierait quil vaudrait mieux dans lintrt des gens de les laisser ignorants. Il ny aurait plus aucun intrt expliquer, avec preuves lappui, les questions ambiges.


Sous un troisime angle, dvoiler le statut et la menace qui plane sur un pch conforte les gens sains sen loigner ; sans cette campagne de sensibilisation, ce pch prendrait du terrain dans les rangs.


Sous un quatrime angle, quand on parle dexcuse, on fait naturellement allusion celui qui nest pas capable dy remdier. Sinon, ds lors quil est en mesure de connaitre la vrit, il nest plus excusable pour son laisser-aller.


Sous un cinquime angle, il nest pas vident de dire que lijtihd et le taqld sont une excuse dans labsolu. Il y a des cas o ils ne sont pas tolrs. Pour eux, la cause lorigine de la menace divine est bel et bien effective, et lijtihd et le taqld ne constituent plus une restriction dans leur cas. Ils sont donc passibles de la punition, celle-ci est mme toute dsigne, sauf, bien sr, si aucune autre restriction ne vient intercder en leur faveur (repentir, bonnes uvres expiatrices, etc.).


De plus, lijtihd et le taqld ne sont pas des notions constantes. Quelquun peut tre motiv dans son acte par lun de ses deux facteurs en pensant quil est en droit de le faire, mais le fait est quil peut soit avoir tort soit avoir raison. Lessentiel, cest de garder la vrit entre les yeux, et de mettre les passions de ct ; auquel cas, Allah nimpose rien lhomme qui soit au-dessus de ses forces. [1]

[1] Majm el fatw.