ÚÑÖ ãÔÇÑßÉ æÇÍÏÉ
  #2  
ÞÏíã 19 Nov 2012, 06:42 PM
ßÑíã ÒäÊíÓí
ÒÇÆÑ
 
ÇáãÔÇÑßÇÊ: n/a
ÇÝÊÑÇÖí




L’histoire de David et Goliath
(Partie 2)

Voir : e-Siyâsa fî el Cor-ân de l’historien Mohammed Râghib e-Tabbâgh (m. 1370 h.) ; les bas de notes sont de l’auteur de la recension Sheïkh Mashhûr Hasan Âl Salmân.

… Par ailleurs, les exégètes recensent diverses hypothèses sur la façon dont fut récupérée le Tâbût. Nous avons vu que les amorites s’en étaient emparés. Ils l’installèrent sous l’une de leurs idoles. Le lendemain, ils retrouvèrent l’arche au-dessus de l’idole. Ils le remirent à sa place mais le surlendemain, la même chose se reproduisit. Ils comprirent dès lors que la chose venait d’Allah. Ils le sortirent alors de leur territoire et l’abandonnèrent dans l’un de leurs hameaux. L’arche devint un fléau attaché à leur cou (traduction approximative ndt.). Comme ils ne pouvaient s’en débarrasser, ils décidèrent de l’installer sur une charrette et tirée par deux vaches, ils la firent errés sur les routes. Les anges auraient alors guidé les vaches jusqu’à les présenter aux yeux des israélites comme leur prophète l’a relaté.[1] Le Verset exprime visiblement que les anges portèrent l’arche eux-mêmes pour le déposer devant les israélites.[2] Ce fut un signe évident venu confirmer les paroles de leur prophète au sujet de Tâlût. Il n’y avait plus de place pour aucune excuse, comme le dénote la fin du Verset : (Il y a en cela pour vous un signe si vous êtes vraiment croyants).[3]

Dès lors, ils condescendirent à élire Tâlût comme roi. Ce dernier leur ordonna de se préparer à la guerre et de défendre leur terre. Il déclara : « Un homme en train de construire sa maison ne doit pas me suivre ; ni un marchand occupé par son commerce ; ni un jeune marié qui n’a pas encore consumé son mariage. Je veux uniquement des jeunes énergiques et sans préoccupation. »[4] Ces paroles démontrent que la gloire repose (après l’aide d’Allah ndt.) sur la jeunesse qui doit s’investir au niveau du savoir, des efforts, de la sincérité (envers Allah ndt.), du sacrifice et de la vertu. Le djihad ne consiste pas à gonfler les rangs mais à concentrer son attention sur cet effort suprême.

Saül réunit à Jérusalem soixante dix milles –quatre vingt milles selon certaines annales ou encore cent vingt milles – soldats prêts au combat. Seuls les vieux, les malades et les personnes excusables s’étaient désistés. Ils sortirent de la ville en pleine canicule. Les combattants se plaignirent à leur roi du manque d’eau sur la route qui les séparait de leur ennemi. Ils lui firent demandé à Dieu de faire couler une rivière en leur honneur.[5] Il leur répondit alors : (« Allah va vous éprouver par une rivière ; quiconque en boira sera des miens et quiconque n’en boira pas ne sera pas des miens sauf ceux qui s’en abreuvent une seule fois de la main. »).[6] Cette fameuse rivière se trouvait entre le Jourdan et la Palestine. Selon une autre hypothèse, elle serait le Jourdan en Palestine et porterait le nom en arabe de Sharî’a.[7]

Selon une hypothèse, Allah mit à l’épreuve les fils d’Israël car ses derniers étaient enclins à désobéir à leurs rois et à leurs prophètes malgré les miracles qu’Il mettait en leur possession. Le Très-Haut voulait ainsi épurer les rangs avant le déclanchement des hostilités, et discerner entre les combattants patients et les autres, étant donné que la soif ne se manifeste pas avec la même intensité avant et au cœur de la bataille. Selon une autre hypothèse, Il voulait simplement les habituer à endurer les moments difficiles car un tel entraînement était plus à même de les faire tenir face à l’ennemi. Comme le dit le Hadith : « La victoire vient avec la patience. »[8] Ainsi, seuls les vrais croyants étaient autorisés à participer au combat car tous ceux qui s’étaient désaltérés à la rivière trahissaient ainsi un manque de sincérité. Ils étaient les plus prompts à fuir le Djihad sur le sentier d’Allah qui leur fut imposé et ils étaient les moins fidèles à défendre leur terre.

Arrivés à la rivière, les juifs s’y précipitèrent et en burent énormément. Ils désobéirent à l’ordre divin et ressentir une lâcheté profonde face à Goliath et à ses armées. Ils tournèrent les talons à l’exception d’un petit groupe qui pour certains s’abstinrent de boire. Les autres en puisèrent seulement une poignée comme il leur fut enjoint. Selon certaines annales, quatre milles soldats sur quatre vingt milles restèrent sur place. Selon d’autres, ils étaient un peu plus de trois cents dix à rester, soit le même nombre que les croyants à la bataille de Badr.[9] Malgré leur petit nombre, les croyants restaient nombreux car ils étaient motivés par la foi et étaient prompts à braver tous les dangers. Ils passèrent la rivière sous l’impulsion de leur chef et purent contempler l’armée de Goliath dont les hommes étaient surarmés et en surnombre. Ils avaient rempli tout l’espace devant eux.

Dès lors, certains d’entre eux s’écrièrent : (« Nous n’avons aucune force aujourd’hui contre Goliath et ses armées. »)[10] Les autres avaient la foi plus raffermi et plus sincères. Ils aspiraient avec plus d’entrain au martyre et à la rencontre de Leur Seigneur. Ces derniers rétorquèrent : (« Combien de fois un petit groupe d’hommes a-t-il triomphé d’un autre groupe bien plus grand par la Volonté d’Allah ; Allah est certes avec les patients. »)[11] Ceux-là recherchaient à renforcer les cœurs des premiers et à leur donner du courage. Ils ne devaient pas en effet reculer devant la mort et se laisser impressionner par le nombre de ceux d’en face. Ils devaient plutôt compter sur l’assistance divine et garder entre les yeux qu’ils devaient reprendre leur terre et retrouver leur triomphe. En cela, les meilleurs préparatifs de guerre qu’une nation peut acquérir, c’est de s’armer de patience et de s’affermir. Devant le fait accompli, le nombre n’a aucune importance. Les croyants se tournèrent vers leur Seigneur et lui implorent Son soutient et la victoire en ces termes : (« Seigneur ! Répand sur nous la patience, affermis nos pas et donne-nous la victoire sur le peuple incrédule ! »)[12] La patience est donc l’arme la plus efficace et le premier préparatif dont il faut se prémunir. Tout s’écroule sans patience même les armées les plus nombreuses et les mieux équipées ! Allah entendit leur invocation car elle était sincère. Il affermit leur pas et leur offrit une victoire éclatante sur leur ennemi, comme le dénote le Verset : (« Ils les vainquirent alors par la Volonté d’Allah et Dâwûd tua Jâlût. »).[13]

David était un jeune berger et ses sept frères avaient suivi Saül à la guerre.[14] Comment leur père n’avait plus de nouvelles, il envoya David s’enquérir de leurs nouvelles. Quant il les rejoignit, il trouva Israélites et Philistins front contre front. Il alla vers ses frères, et voici que montait Goliath des lignes philistines. Il était immense et avait le corps énorme. Il interpella les lignes d’Israël et leur proposa un combat singulier mais personne n’osait sortir des rangs pour l’affronter. « Ô Israélites ! Leur lança-t-il, Si vous étiez vraiment dans la vérité, l’un d’entre vous viendrait m’affronter ! » David lança à ses frères : « Y en a-t-il un parmi vous pour défier ce philistin incirconcis ! » Mais ces derniers se turent. Il se rendit du côté des rangs où il n’y avait pas ses frères. Alors que Saül encourageait les troupes, il passa devant David qui s’écria : « Que fera-t-on pour l’homme qui tuera ce philistin incirconcis ?
  • Je lui donnerais ma fille et la moitié de mon royaume, répondit-il.
  • Moi, je sortirais pour le combattre. »

David avait l’habitude d’utiliser sa fronde contre les loups et les lions qui s’approchaient de son troupeau. Il prit trois pierres et visa la poitrine de son adversaire. Goliath s’écroula et Allah mit son armée en déroute.[15] L’endroit où se déroula l’événement en question allait devenir plus tard Damas. Depuis ce jour, Dâwûd devint grand aux yeux de son peuple et gagna en échelon. Il prit le commandement des armées, et après la mort de Saül, il fut élu roi d’Israël et reçu la prophétie. Le Verset suivant y fait allusion : (« Allah accorda à Dâwûd la royauté et la sagesse et lui apprit ce qu’Il voulut.).[16]





[1] Wahb ibn Munabbih est l’auteur de cette annale. Il faut savoir qu’il emprunte énormément d’histoires israélites. Ibn Jarîr l’a rapporte avec une chaîne narrative qui termine à ce dernier. Voir : Tafsîr e-Tabarî (4/469-462) et son Târîkh (1/469-471). Voir également : les Tafsîr dAbd e-Razzâq (1/99-100), d’ibn Abî Hâtim (2/467), d’el Baghawî (1/300), d’ibn Kathîr (1/446), d’ibn ‘Atiya (2/169).

[2] Voir : Tafsîr e-Tabarî (4/479).

[3] La vache ; 248

[4] Un Hadith dans lequel un prophète israélite donne ce genre de recommandations à son peuple est rapporté par el Bukhârî (5157) et Muslim (1747). Il s’agit vraisemblablement de Josué et la ville qu’il voulait conquérir était Jéricho. Certaines annales parlent de Jérusalem, ce qui semble plus plausible compte tenue qu’au cours de cet événement Allah arrêta le mouvement du soleil afin que Josué mène sa mission à bien. Un phénomène de cette envergure ne pouvait se produire que pour la prise de Jérusalem étant donné que c’était la ville principale à conquérir. Voir : el Bidâya wa e-Nihâya (1/323). Sheïkh el Albânî considère bon le Hadith en question ; voir : Silsila el Ahâdîth e-Sahîha (1/348).

[5] Voir les Tafsîr d’e-Tabarî (4/482), d’ibn Abî Hâtim (2/468-472), et d’el Âlûsî (2/169).

[6] La vache ; 249

[7] Voir les Tafsîr d’e-Tabarî (4/484-485), d’ibn Abî Hâtim (2/473), et el Bidâya wa e-Nihâya (2/295).

[8] Rapporté par e-Tirmidhî (2516), selon ibn ‘Abbâs.

[9] Le Hadith sur le sujet est rapporté par el Bukhârî (3957, 3958, et 3959). E-Suddî estime que les Hébreux comptaient quatre vingt milles hommes, mais ibn Kathîr considère que ce nombre est exagéré. Voir : el Bidâya wa e-Nihâya (2/295). [Un récit biblique met en scène Gédéon (Juges ; 7.4-7) et note que trois cents Israélites triomphèrent d’un ennemi beaucoup plus puissant. Denise Masson fait également un parallèle avec le Lévitique 26.8 qui mentionne que l’assistance divine est accordée aux croyants luttant contre leurs ennemis ndt.]

[10] La vache ; 249

[11] La vache ; 249

[12] La vache ; 250

[13] La vache ; 251

[14] La bible parle de ses trois frères aînés ; voir : Premier livre de Samuel 17.13-14. (N. du T.)

[15] Voir : Tafsîr e-Tabarî (4/498) et son Târîkh (1472). Voir également : les Tafsîr d’ibn Abî Hâtim (2/464-478), d’ibn Kathîr (1/864). [La bible relève cet épisode avec certaines nuances voir : Premier livre de Samuel 17 (N. du T.)]

[16] La vache ; 251 voir : Deuxième livre de Samuel 7.3. Premier livre des Chroniques 11.3. Quant aux passages de la Bible montrant un Samuel jaloux, ces derniers trahissent qu’encore une fois la main de l’homme s’est insérée dans les Écrits Sacrés. Les Juifs ont la vilaine habitude de dénigrer leurs prophètes –quand ils ne décident pas de les assassiner – comme en témoignent de multiples passages de la bible. Pour ne citer qu’un exemple, Juda fils de Jacob fit l’adultère avec la veuve de son fils Er qui portait le nom de Tamar. La calamité ne s’arrête pas là puisque le fils de cette relation illégitime et qui se nomme Pérèç ou Pharès est l’ancêtre de David, Salomon et Jésus voir : Genèse 38.12-30 et Mathieu 1.3 (N. du T.)





ÑÏ ãÚ ÇÞÊÈÇÓ