![]() |
Site spécial ramadhan
Voici le site des grands savants d'Arabie Saoudite spécial ramadhan avec la version française : http://ramadhan.af.org.sa/node Et voici la page twitter en français : https://twitter.com/Fadaelyawm |
http://ramadhan.af.org.sa/ Les moyens de connaitre le début du ramadhân De Sheïkh Sâlih el Fawzân Louange à Allah, le Seigneur de l’Univers ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et ses Compagnons ! Allah (I) révèle : [Celui qui parvient à ce mois doit jeûne]Il nous ordonne de jeûner pendant tout le mois du ramadhân, du début à la fin. Or, il y a deux façons de connaitre l’entrée du mois. Premièrement : la vision de la nouvelle lune (hilâl). D’après plusieurs auteurs de recueils de hadîth dont el Bukhârî et Muslim, selon ibn ‘Omar – qu’Allah les agrée son père et lui –, le Messager d’Allah (r) a prescrit : « Ne faites pas le jeûne avant d’avoir vu la nouvelle lune et ne le finissez pas avant d’avoir vu la lune suivante. » D’après e-Tabarânî, selon Talq ibn ‘Alî (t) : « Allah a fait des variations de la lune des repères ; faites donc le jeûne si vous voyez la nouvelle lune et finissez-le si vous voyez la lune suivante. » D’après el Hâkim, selon ibn ‘Omar – qu’Allah les agrée son père et lui – : « Allah a fait des variations de la lune des repères pour les hommes ; faites donc le jeûne à la vue de la nouvelle lune et finissez-le à la vue de la lune suivante. » Ces nobles hadîth nous enseignent que le début du ramadhân dépend de la vision du hilâl. Il n’est donc pas permis de jeûner sans l’avoir vu. Les variations de la lune servent de repères pour les adorations et les affaires temporels. Allah (Y) révèle : [Ils t’interrogent sur les variations de la lune, dis-leur qu’elles servent de repères pour les hommes et le pèlerinage]. Dans Son infinie Miséricorde, Allah veut la facilité pour Ses serviteurs. L’obligation de jeûner dépend en effet d’un élément clair et palpable. N’importe qui est capable de le voir. Ce n’est pas une condition que tout le monde le voit ; le témoignage d’une partie d’entre eux est suffisant. La vision d’une seule personne peut à elle seule astreinte tous les musulmans à arrêter de manger. Jâbir a dit : « Un bédouin est venu voir le Prophète (r)pour lui annoncer : « J’ai vu la nouvelle lune – en parlant du ramadhân –. - Est-ce que tu attestes qu’il n’y a d’autre dieu digne d’être adoré en dehors d’Allah, interrogea le Messager d’Allah ? - Oui. - Est-ce que tu attestes que Mohammed est le Messager d’Allah ? - Oui. - Bilâl ! Annonce aux gens de jeûner demain. » Rapporté par Abû Dâwûd. Selon également ibn ‘Omar – qu’Allah les agrée son père et lui – : « Les gens ont vu ensemble la nouvelle lune. J’ai moi-même informé le Messager d’Allah (r) que je l’avais vu. Dès lors, il jeûna et ordonna aux gens de faire la même chose. » Deuxièmement : terminer les trente jours de sha’bân dans la situation où personne n’a vu le hilâl. Le Prophète (r) prescrit à ce sujet : « Si le ciel est couvert, alors évaluez-la. » Rapporté par el Bukhârî et Muslim. « « Si le ciel est couvert » : c’est-à-dire si quelque chose empêche de voir le hilâl, comme les nuages ou la pluie. Dans ce cas, il faut évaluer la fin du mois en comptant trente jours, comme nous l’apprend un autre hadîth disant : « Si le ciel est couvert, alors finissez les trente jours. » Rapporté par el Bukhârî et Muslim. Cela signifie qu’il est interdit de jeûner le jour de doute (shakk). ‘Ammâr ibn Yâsir (t) est clair sur la chose : « En jeûnant le jour où règne le doute, on désobéit à Abû el Qâsim (r). » Le musulman a le devoir de se soumettre à Allah et à Son Messager dans sa façon de jeûner et d’accomplir ses rites en règle générale. Les textes déterminent le début du ramadhân par le biais de deux moyens qui sont clairs et à la portée de tout le monde, même des gens simples ; soit la vision du hilâl ou la fin du mois de sha’bân évalué à trente jours. Tout autre moyen pour déterminer la nouvelle lune s’oppose à Allah et à Son Messager. Malheureusement, certains imposent le recours au calcul pour déterminer l’entrée du mois. En plus du fait que les calculs sont sujets à l’erreur, subtils, ils ne sont pas à la portée de tout le monde. Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya – qu’Allah lui fasse miséricorde – souligne : «… c’est pour avoir constaté à l’occasion du jeûne ou autre que certaines gens tendent l’oreille à des ignorants initiés au calcul. Ces derniers prétendent qu’il est possible à travers le calcul de voir ou de ne pas voir la lune. Ils fondent ainsi leurs jugements soit pour eux-mêmes soit ouvertement. On m’a même rapporté que certains juges refusent le témoignage d’un certain nombre de personnes crédibles en se fondant sur les paroles d’un faiseur de calcul ignorant [qui prétend mensongèrement que la lune sera vue ou ne sera pas vue à tel moment.] (…) Nous savons conformément aux principes élémentaires de la religion musulmane qu’il est interdit de se fier au calcul pour déterminer la nouvelle lune concernant le jeûne, le pèlerinage, le délai de viduité (veuvage ou divorce), de fécondation (suite à des rapports sexuels), etc. Les nombreux textes prophétiques sur la question sont communément répandus et les musulmans s’accordent à l’unanimité sur ce principe. » Fin de citation. Sans compter que ces fameux calculs engendrent une grande difficulté pour la communauté. Pourtant, comme le dit le Verset : [Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion]. Les musulmans doivent se contenter de la Législation d’Allah et de Son Messager, comme ils doivent donner une attention particulière à l’observation du hilâl, en s’entraidant dans le bien et la piété. Certes, Allah est Celui qui nous concède la réussite ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et ses Compagnons ! Extrait du livre : ittihâf ahl el îmân de Sheïkh Sâlih el Fawzân. |
http://ramadhan.af.org.sa/node Sheïkh Sâlih el Fawzân Se féliciter mutuellement de la venue duramadhân Question : nous entendons beaucoup de gens se féliciter de la venue duramadhân, avec des expressions du genre : « mabrûk ‘alaïka shahr ramadhân ! » Cette pratique a-t-elle une origine dans la religion ? Si vous pouviez nous donner une réponse, qu’Allah vous en récompense ! En réponse : il n’y a pas de mal à se féliciter mutuellement de la venue du ramadhân, étant donné que le Prophète (r) le faisait avec ses Compagnons et il les encourageait à y multiplier les bonnes œuvres. Allah (I) révèle : [Dis : c’est par la faveur d’Allah et Sa miséricorde ! C’est de cela qu’ils doivent se réjouir, car cela vaut mieux pour eux que les jouissances qu’ils amassent].[1] Se réjouir et se féliciter de la venue du ramadhân, c’est la preuve qu’on est enclin à faire le bien. Les anciens le faisaient en imitant ainsi le Prophète (r). Selon un long hadîth rapporté par Salmân, le meilleur des hommes proclamait notamment : « Ô gens ! Vous venez d’entrer dans un mois extraordinaire et bénit, etc. » Extrait du livre : Fatâwa ramadhân [1]Yûnas ; 58 |
http://ramadhan.af.org.sa/node Sheïkh Sâlih el Fawzân Les mérites de l’aumône pendant leramadhân Question : quels sont les mérites de l’aumône pendant le ramadhân ? En réponse : l’aumône pendant le ramadhân a plus de mérites que pendant les autres mois de l’année. Le Prophète (r) l’a en effet surnommé le moi de la solidarité (muwâsât). Lui-même était plus généreux à cette occasion qu’un vent fertile. Selon un hadîth : « En faisant manger un jeûneur, on rachète ses péchés, on s’affranchit de l’Enfer, et on prend la même récompense que lui sans ne rien diminuer à la sienne. » Ce texte vante les mérites de l’aumône pendant le ramadhân. Elle est d’autant plus méritoire que les gens dans le besoin sont plus éprouvés la journée par la faim et la soif, car ils n’ont pas de quoi se rassasier convenablement. En faisant preuve de générosité envers eux, on les aide ainsi à mieux endurer le jeûne. En outre, les actes d’adoration accomplis dans des endroits ou périodes méritoires reçoivent une plus grande récompense qu’ailleurs ou qu’en temps normal. Ainsi, les lieux et les périodes méritoires permettent de multiplier la récompense. Par exemple, la prière à la sainte Mosquée de La Mecque vaut cent mille prières ; et à Médine, elle en vaut mille par rapport aux autres mosquées. Les périodes méritoires jouissent également de ce privilège. Le mois de ramadhân est donc plus à même de recevoir ce mérite. C’est le mois des bonnes œuvres et des hauts échelons. Extrait du livre : Fatâwa ramadhân |
Khutba : http://ramadhan.af.org.sa/node Au nom d’Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux Avis aux imams à l’occasion du ramadhân Par Sheïkh Sâlih el Fawzân Première partie Louange à Allah qui nous fait dont de Sa grâce et de ses bienfaits ! J’atteste qu’il n’y a d’autre dieu digne d’être adoré en dehors d’Allah, Seul et sans associé ; Celui qui a fait du ramadhân en particulier le mois du jeûne et de la prière nocturne ! Et j’atteste que Muhammad, est Son serviteur, et Son Messager ; celui qui a le mieux accompli les rituels de la prière et du jeûne ! Que les Prières d’Allah et Ses plus amples Salutations soient sur lui, ainsi que sur ses proches, et ses fidèles et nobles Compagnons ! Ensuite, chers fidèles ! Craignez Allah (I), et sachez qu’il est légiféré et même plus méritoire de faire des prières nocturnes à l’occasion du ramadhân, conformément au hadîth : « C’est un mois au cours duquel Allah vous a prescrit le jeûne, et pour lequel j’ai mis en place la tradition de prier la nuit. » Il a affirmé dans ce registre (r) : « Quiconque jeûne pendant le mois du ramadhânavec foi et en aspirant à la récompense, se verra pardonner ses fautes passées. » ;« Quiconque prie les nuits du Ramadhan avec foi et en aspirant à la récompense, se verra pardonner ses fautes passées. » ;«Quiconque prie la nuit du Destin avec foi et en aspirant à la récompense, se verra pardonner ses fautes passées. » ; « Celui qui prie derrière l’Imam jusqu’à ce qu’il ait fini verra ses péchés, c’est comme s’il avait prié toute la nuit. » « avec foi et en aspirant à la récompense » : croire d’une foi ferme à la prescription du jeûne, non par suivisme aveugle ni par ostentation ni pour se montrer devant les autres, tout en convoitant la récompense prévue à cet effet. En combinant ces deux intentions, auquel il faut ajouter l’acte de jeûner (ce qui fait trois caractéristiques en tout), on a droit au pardon de tous les péchés passés, ou ne serait-ce que ceux de l’année précédente. Cela concerne les petits péchés que les bonnes œuvres peuvent effacer. En revanche, seul le repentir peut absoudre les grands péchés. Allah (I) révèle : [Si vous délaissés les plus grands péchés qui vous sont interdits, Nous vous effacerons vos fautes].[1] « Quiconque prie la nuit du Destin » : il n’y en a qu’une seule pendant ce mois bénit. Cette nuit aux vertus extraordinaires est celle au cours de laquelle Allah révéla le Coran. Elle est meilleure que mille mois, dans le sens que les actions y sont plus méritoires que celles réparties sur mille mois. Cela nous donne un aperçu sur sa valeur. Nous savons de façon sûre qu’elle se trouve pendant le ramadhân, mais personne ne connait son jour exact. Elle peut tout aussi bien avoir lieu au début, qu’au milieu ou la fin du mois. Allah (I) nous l’a cachée pour nous forcer à redoubler d’efforts pendant toutes les nuits du ramadhân en vue de faire une pierre deux coups : 1- Animer les nuits du mois en prière. 2- Animer la nuit du destin en particulier. C’est le meilleur moyen de jouir d’une double récompense. Allah veut le bien pour Ses serviteurs ; Il aime leur pardonner et les récompenser. Il les encourage à cette occasion alors à redoubler d’efforts dans l’intention de gagner la récompense prévue à cet effet et de tomber sur la nuit du destin. Concernant le hadîth : « Celui qui prie derrière l’Imam jusqu’à ce qu’il ait fini, c’est comme s’il avait prié toute la nuit. » : il s’agit de participer jusqu’au bout à toutes les prières nocturnes à la mosquée sans en rater une seule. Cela démontre l’importance de l’imam et de la responsabilité qui pèse sur ces épaules. Il doit tenir ce rôle dans l’intention de gagner la récompense, mais aussi en remplissant deux conditions : la sincérité exclusive envers Allah (U) et la conformité à la sunna du Prophète (r). « Quiconque jeûne pendant le mois du ramadhânavec foi et en aspirant à la récompense, se verra pardonner ses fautes passées. » ; le hadîth ne fixe pas un nombre de rak’a déterminé, mais à la qualité de chaque prière. Une prière avec de longues lectures, de longs rukû’ et sujûd, mérite de réduire le nombre de rak’a, contrairement à une prière plus légère (à condition de respecter chaque pilier) qui réclame de faire plus de rak’a. Les savants ont divergés en maintes opinions sur le nombre de rak’a à faire. Cela veut dire que la chose est souple. L’essentiel est d’insister sur la qualité, en faisant preuve de modération de sérénité, de concentration, d’humilité devant la Grandeur du Seigneur, et en respectant tous les gestes. Peu importe qu’on en fasse 23, 36, 40, ou même dix rak’a répartie en 5 taslîm, on ne sort pas des prérogatives de la sunna. La qualité prime donc sur le nombre qui n’est pas le facteur le plus déterminant. Malheureusement, certains imams négligent la prière. Ils finissent dix rak’a en un temps très court, sans concentration, ni aucune sérénité. Ils ne laissent pas l’occasion aux fidèles de réciter leurs formules du rukû’ et du sujûd. Il récite tellement vite le Coran qu’ils ne comprennent pas ce qu’il dit. En définitive, la prière aura moins de valeur. Les imams – qu’Allah les assiste – doivent faire preuve de modération dans la durée de la récitation, et chaque étape de la prière. La prière n’est pas une prison, c’est rituel lors duquel le fidèle communique avec Son Seigneur (U) et Lui affiche sa pleine soumission. Ils ont responsabilité d’être devant les fidèles, alors qu’ils fassent attention à leurs intentions. Ils sont à cette place pour Allah, non par ostentation, pour montrer sa belle voie, pour se vanter du nombre de fidèles qui se tiennent derrière lui, ou pour recevoir des compliments. Ils doivent, avant tout, garder la récompense entre les yeux. Les actes doivent remplir deux conditions en vue d’être acceptés par Allah, comme nous l’avons vu : la sincérité exclusive et la conformité à la sunna. Il existe trois sortes façons de lire le Coran au cours de la prière : 1- La lecture avec tartîl en respectant toutes les règles de tajwîd ; celle-ci réclame du temps et est difficile tant pour l’imâm que pour les fidèles derrière lui. 2- La lecture hadhdh ou hadhrama qui mange les lettres en raison de sa rapidité de sorte qu’elle ne profite à personne, car incompréhensible ; cette lecture est interdite. 3- La lecture modérée ou moyenne que l’on appelle hadr ; elle s’inscrit entre la lecture basée sur l’exagération de la prononciation des lettres et de la répétition des Verset et le hadhrama. C’est celle que nous trouvons dans la plupart des récitations enregistrées en tartîl. Elle n’est difficile ni pour le lecteur ni pour les fidèles. Il est recommandé à l’Imâm d’opter pour celle-ci. Elle a l’avantage d’être à la fois facile pour tout le monde tout en respectant les règles de récitation. Pour revenir au nombre de raka’, il ne convient pas d’en faire moins que dix répartie en 5 taslîm, soit en consacrent deux raka’ pour chaque prière, conformément aux recommandations du Prophète (r) : « La prière de la nuit, c’est deux par deux. » Il s’agit de faire le salâm toutes les deux raka’, non de tout faire d’un seul trait, ce qui est contraire à la sunna. Le tarâwîh, qui est une prière nocturne, est de cet ordre, soit d’en faire deux par deux. Si l’imâm veut terminer tout le Coran au cours du mois, il a intérêt à réciter cinq pages au minimum par jour, soit une face par rak’a, auxquelles il faut ajouter le tahajjud les dix dernières nuits. Il est beaucoup moins éprouvant pour les fidèles d’étaler la récitation sur un mois. L’Imâm est en effet responsable d’eux, comme l’indique le hadîth : « L’Imâm est le garant des fidèles, et l’heure de la prière est confiée au muézin. » L’Imâm est donc le garant de la prière des fidèles, s’il s’applique dans son rôle, il jouira de la récompense, et en fera profiter, par là même, ceux qui sont derrière lui. Néanmoins, s’il le néglige, il endossera seul le péché, et les fidèles garderont la récompense. Le Prophète (r) prescrit : « Ils sont responsables de votre prière ; s’ils la font correctement, c’est à la fois pour vous et pour eux (il parle de la récompense), mais s’ils la négligent, alors c’est pour vous, mais contre eux. » Vous avez droit à la récompense et ils ont droit au péché. L’imam doit son nom au fait qu’il guide les fidèles dans la prière. Il a une lourde responsabilité sur les épaules, et donner le bon exemple dans sa récitation, ses gestes, sa concentration, sa sérénité. Serviteurs d’Allah, la prière a des exigences ! Elle n’est pas laissée à l’initiative et aux « caprices » du premier imam qui a ses propres points de vue. Non, il est demandé à toutes les mosquées de se conformer de façon uniforme à la tradition prophétique, soit de bien s’appliquer dans sa prière, de bien la maitriser, et surtout l’alléger en pensant à ceux qui sont derrière. Un hadîth est clair sur la chose : « Celui d’entre vous qui se trouve à la tête des gens doit alléger la prière, car derrière lui, il y a des vieux, des malades, et des personnes occupées, mais tout seul, il peut la faire durer à sa guise. » L’imam est le responsable de la prière en assemblée, et il devra rendre des comptes devant Allah (U). Malheureusement, le ramadhan est l’occasion pour certains imams de feinter pour éviter de passer devant l’assemblée. Ils trouvent des prétextes pour s’absenter, en allant à droite et à gauche, voire à la ‘omra. Mon frère, tu as une fonction au sein de la mosquée et il t’est demandé de la tenir scrupuleusement, alors crains Dieu (I) envers les fidèles, et sois assidu à ton poste ! Ta fonction est une obligation qui pèse sur tes épaules. Elle est plus importante que la ‘omra, qui n’a que le statut de recommandé. Comment peux-tu alors la désister juste pour aller à la Mecque. Par ailleurs, outre le fait, qu’ils ne sont pas assidus, certains imams ne gardent pas le même rythme d’un soir à l’autre ; des fois, ils font courts et d’autres fois, ils font durer plus longtemps. Autant démissionner s’ils ne sont pas capables d’assumer leurs responsabilités, ou si tout simplement ils n’en veulent pas ! Ils n’ont qu’à laisser leur place à ceux qui font preuve de plus de scrupule et d’entrain, au lieu de la négliger ainsi. L’énorme responsabilité de la prière pèse d’autant plus sur les épaules des hommes placés devant la « niche » – qu’Allah les assiste – à l’occasion de ce mois illustre. Une opportunité extraordinaire s’offre à eux. Ils ne doivent pas, sous prétexte d’être enclin à la paresse et à la lassitude, la gâcher ni pour eux ni pour ceux qui prient derrière eux. Ils feraient mieux de se motiver en pensant à la récompense qui les attend, et de faire preuve de patience, car le Très-Haut ne néglige pas la récompense des bienfaiteurs ! La récitation est primordiale pour réussir un bon rituel. Certains imâms se focalisent sur les règles de tajwîd (le madd, le ghunna, etc.). Ils se mettent ainsi dans la difficulté. Non seulement ils alourdissent la prière, mais, en plus de cela, ils ne finissent jamais le Coran à la fin du mois. Ils sont exactement comme le décrit le Prophète (r) : « En forçant sa monture, on l’épuise sans n’arriver au but. »[2] Ils se découragent en route, et, à terme, leur fonction les rebute, alors qu’ils se sont mis eux-mêmes dans cette situation embarrassante. S’ils avaient fait les bons calculs et avaient répartis convenablement et sans se presser le Coran entre les nuits, ils auraient accomplis leur devoir en plus d’avoir la conscience tranquille. Je cherche refuge auprès d’Allah contre Satan le lapidé : [Vous avez en la personne du Messager d’Allah un bon exemple, pour celui qui aspire à la rencontre d’Allah et au Jour dernier][3] Qu’Allah nous bénisse vous et moi dans le Coran illustre ! Qu’Il nous fasse profiter de ses éclaircissements et de ses rappels pleins de sagesse ! Voici mes paroles, et je demande à Allah de nous pardonner tous nos péchés à vous, et à tous les musulmans en commençant par moi ! Alors, invoquer Son pardon et repentez-vous à Lui, Il est certes Absoluteur et Tout-Miséricordieux ! Seconde partie Louange à Allah pour Sa bienfaisance ! Je Lui suis reconnaissant pour Son aide et Sa grâce ! J’atteste par encensement envers Sa Magnificence, qu’il n’y a d’autre dieu digne d’être adoré en dehors d’Allah, Seul et sans associé, et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son Messager ! Que les Prières d’Allah et Ses plus amples Salutations soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et ses Compagnons ! Ensuite, chers fidèles ! Craignez Allah, et reprenez-vous avant qu’il ne soit trop tard, car la fin du mois est proche. Les gens du quartier doivent veiller à faire tous les tarâwîh à la mosquée sans n’en rater une minute, et dès la première nuit. Ils s’épargneront ainsi des commérages et des rencontres inutiles, et quand bien même, elles seraient intéressantes, ils ont bien mieux à faire à la mosquée. Alors, place aux priorités ! Est-il si difficile de mettre de côté ses affaires mondaines (commerce, voyages, etc.) ne serait-ce qu’un mois dans l’année. Juste un mois que l’on consacre au Tout-Puissant, pour revenir ensuite à ses affaires le reste de l’année. C’est une opportunité non seulement qui ne se représentera peut-être plus, mais qui assure un équilibre parfait entre ses transactions pour cette vie et celles que l’on réserve à l’au-delà. Allah (Y) nous interpelle en ces termes : [Ô Croyants, vous indiquerais-je une transaction à même de vous sauver d’un châtiment douloureux ? • Vous n’avez qu’à croire en Allah et à Son Messager, et combattre sur le sentier d’Allah en sacrifiant vos vies et vos richesses ; cela vaut mieux pour vous si vous saviez][4] ; [et Dès qu’ils voient des commerces ou des distractions, ils s’y rendent à la hâte, en te laissant debout sur ta chaire ; dis-leur : ce qui se trouve auprès d’Allah vaut mieux que les distractions et les commerces ; Allah est certes le meilleur des Pourvoyeurs][5] ; [Ô croyants, vos enfants et vos richesses ne doivent pas vous distraire du Rappel d’Allah, car ceux qui font cela sont eux les perdants][6] ; le Très-Haut décrit ceux qui sont attachés aux mosquées : [Des maisons qu’Allah a permis d’édifier et dans lesquelles Son Nom est mentionné ; Il y est glorifié matin et soir • Des hommes que ni affaire ni commerce ne distrait du Rappel d’Allah ; ils observent la prière, versent l’aumône, et craignent un jour où les cœurs et les yeux seront révulsés • Afin qu’Allah les récompenses pour leurs meilleures œuvres, et qu’Il leur prodiguera davantage de Sa grâce ; Allah prodigue Ses bienfaits à qui Il veut sans compter].[7] C’est Allah qui donne : [Allah offre une issue heureuse à celui qui Le craint • et Il lui prodigue Ses bienfaits sans compter].[8] Mon frère, le tarâwîh ne te prend pas beaucoup de temps, et pourtant, il peut te rapporter une récompense immense qui t’apportera la baraka d’Allah. Craignez Dieu envers vous-mêmes, chers fidèles, sautez sur l’occasion qui risque de vous échapper, et ne perdez plus votre temps qui est si précieux ! Sachez que la meilleure parole est celle d’Allah, la meilleure voie est celle de Mohammed (r), et les pires des choses sont les innovations ; toute innovation est égarement. Restez attachez au groupe, car : « La main d’Allah est sur le groupe, celui qui s’en sépare, c’est pour aller en Enfer. »[9] [Allah et Ses anges prient sur le Prophète ; vous les croyants priez sur lui faites lui les plus amples salutations].[10] Ô Allah ! Prie et donne le salut à Ton serviteur et Messager, notre Prophète Mohammed ! Ô Allah, agrée les khalifes et les imams bien guidés Abû Bakr, ‘Omar, ‘Uthmân, et ‘Alî, ainsi que tous les Compagnons, leurs successeurs directs, et tous leurs fidèles successeurs jusqu’à la fin du monde ! Ô Allah, donne le triomphe à l’Islam et ses adeptes, et rabaisse le paganisme et ses adeptes ! Pulvérise les ennemis de la religion, et fais régner la paix et la tranquillité dans notre pays ainsi que tous les autres pays musulmans ! Ô Seigneur de l’Univers ! Ô Allah, réformes nos responsables de l’autorité, fais d’eux des exemples à suivre, non des mauvais exemples égarés ! Ô Allah, réforme leur entourage, et éloigne-les des mauvais entourages et des corrupteurs ! Ô Allah, réforme les responsables musulmans partout dans le monde ! Ô Seigneur de l’Univers ! Pulvérise les mécréants ennemis de la religion parmi les Juifs, les chrétiens, les païens, et les hypocrites ! Ô Allah, celui qui veut du mal à l’Islam et à ses adeptes, préoccupe-le par ses propres problèmes, retourne contre lui ses propres ruses, et préserve-nous en ; que ces propres plans soient à l’origine de sa perte ! Tu es certes capable de toute chose ! Ô Allah, préserve-nous des méfaits des troubles, qu’ils soient apparents ou cachés ! Ô Allah, préserve-nous de la vie chère, des malheurs, de l’adultère, des tremblements de terre, des épreuves et des mauvais troubles qu’ils soient apparents ou cachés ! Seigneur, accepte nos œuvres, Tu es certes l’Entendant et le Savant ! Serviteur d’Allah : [Allah ordonne la justice, la vertu, et la charité envers les proches ; comme Il interdit la perversité, la débauche, et l’animosité ; Il vous exhorte ainsi allez-vous réfléchir • Et soyez fidèles aux engagements que vous avez noués avec Allah, et ne violez pas les serments que vous avez solennellement prononcés, alors que vous avez pris Allah comme le garant de votre bonne foi, car Allah sait ce que vous faites].[11] Évoquez Allah et Il vous évoquera, et remerciez-Le pour Ses bienfaits et Il vous donnera davantage ! L’évocation d’Allah est plus grande, et Allah connait vos faits et gestes ! http://www.alfawzan.af.org.sa/sites/...8%A7%D9%86.mp3 [1]Les femmes ; 31 [2]Rapporté par el Baihaqî dans e-sunan el kubrâ (3/18, 19), selon Jâbir ibn ‘Abd Allah et ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn el ‘Âs. [3]Les coalisés ; 21 [4]Les rangs ; 10-11 [5]Vendredi ; 11 [6]Les hypocrites ; 9 [7]La lumière ; 36-38 [8]La répudiation ; 2-3 [9]Rapporté par el Hâkim dans el mustadrak (1/115), selon ‘Abd Allah ibn ‘Omar – qu’Allah les agrée son père et lui –. [10]Les coalisés ; 56 [11]Les abeilles ; 90-91 |
http://ramadhan.af.org.sa/
Sheïkh Sâlih el Fawzân Les moyens aidant la femme à faire un bon ramadhân Question : quels sont les meilleurs moyens qui aident la femme à faire un bon ramadhân ? En réponse :Les moyens qui aident le musulman, homme ou femme, à faire un bon ramadhân sont les suivants : 1- La crainte d’Allah (I), en étant convaincu qu’Il observe tous nos faits et gestes, qu’Il sonde les intentions et qu’Il nous demandera des comptes le Jour de la résurrection. En gardant ses notions à l’esprit, le musulman sera plus enclin à faire des bonnes œuvres et à s’éloigner des péchés. Il sera également plus prompt à se repentir. 2- Multiplier l’évocation d’Allah (dhikr) et la lecture du Coran qui adoucissent le cœur. Allah (I) révèle en effet : [Ceux qui ont cru et dont le cœur s’apaise à l’évocation d’Allah : les cœurs ne s’apaisent-ils pas à l’évocation d’Allah].[1] Il dit également : [Ceux dont le cœur frémit à l’évocation d’Allah].[2] 3- S’éloigner de tout ce qui endurcit le cœur et qui éloigne du Seigneur : les péchés, les mauvaises fréquentations, les gains illicites, le manque d’intérêt pour le dhikr, les films indécents. 4- La femme doit veiller à rester au foyer et n’en sortir qu’en cas de besoin. Dès qu’elle finit ses affaires, elle doit rentrer chez elle au plus vite. 5- Dormir tôt pour se lever plus facilement avant l’aube et être en forme la journée en vue de faire ses prières à l’heure et de se concentrer à l’adoration. 6- Éviter la médisance, la calomnie, toute parole qui crée des conflits, et les mauvaises paroles en générale. Il faut passer son temps à faire du dhikr. Extrait du livre : Fatâwa ramadhân [1]Le tonnerre ; 28 [2]Le butin ; 2 |
Nouvelle page Twitter :
https://twitter.com/aforgsa_fr Version française de la page Twitter : Ãæá ãä íÚáãþ : celle-ci suit au jour le jour les annonces, discours et fatwa (audio, vidéo) du Comité des grands savants d’Arabie Saoudite |
http://ramadhan.af.org.sa/ Sheïkh Sâlih el Fawzân Les vertus des dix dernières nuits du ramadhân Question : quelles sont les vertus des dix dernières nuits du ramadhân ? En réponse : les vertus des dix dernières nuits du ramadhân sont extraordinaires. Le Prophète (r) y abordait l’adoration avec plus d’entrain qu’au début du mois. Cela se ressentait dans ses prières nocturnes. En outre, il y consacrait une retraite spirituelle (i’tiqâf). En d’autres termes, il restait dans la mosquée pour se consacrer à l’adoration et notamment au dhikr. Il n’y sortait que pour ses besoins, ce qui démontre que cette période concède un mérite spécial. L’une des raisons à cela, c’est qu’elle est plus propice à la nuit du destin, comme le Prophète (r) l’informa à ses Compagnons. Il y redoublait d’efforts pour y chercher la nuit du destin. Extrait du livre : Fatâwa ramadhân |
http://ramadhan.af.org.sa/node/1715 Ce qui altère le jeûne De Sheïkh Sâlih el Fawzân Louange à Allah, le Seigneur de l’Univers, qui a ordonné de bien accomplir les actes d’adoration, et a interdit de les annuler, comme le mentionne le Verset : [Obéissez à Allah et obéissez à Son Messager, et n’annulez pas vos œuvres]. Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches, et ses Compagnons ! Sachez qu’il incombe de mettre en lumière les éléments qui altèrent (mufsidât) le jeûne afin que le musulman les évite et qu’il soit sur ses gardes. Ces éléments sont de deux sortes : 1- Ceux qui annulent le jeûne et qui réclament de le refaire. 2- Ceux qui annulent sa récompense, mais qui ne réclament pas de le refaire. La première sorte fera l’objet de notre étude. Nous parlerons plus tard de la deuxième sorte in shâ Allah ! Les mufsidât qui annulent le jeûne sont de deux sortes : 1- Celles qui sont désignées explicitement par les textes et le consensus. 2- Celles sur lesquelles règne la divergence entre savants. Concernant la première catégorie, nous avons : Les relations sexuelles : les rapports sexuels pendant la journée du ramadhân annulent le jeûne (siyâm). Le fautif doit, malgré tout, continuer à jeûner le jour en question, se repentir à Allah, et le récupérer plus tard. En plus de cela, il est soumis à une expiation (kaffâra) ; soit, affranchir un esclave, ou à défaut d’en avoir un, jeûner deux mois consécutifs, ou à défaut de pouvoir le faire, nourrir soixante pauvres en offrant à chacun la moitié d’un sâ’ (boisseau avec lequel on mesure les grains de blé ou autre ndt.) de la nourriture du pays dans lequel il vit. L’abstention de jeûner deux mois consécutifs concerne celui qui physiquement n’est pas en mesure de le faire. Trouver que c’est trop long et trop difficile n’est pas une excuse en soi. Cette loi se base sur un hadîth rapporté par el Bukhârî et Muslim, et selon lequel, Abû Huraïra raconte : « Un bédouin est venu voir le Messager d’Allah (r)pour lui avouer : « Nous sommes perdus ma femme et moi ! - Qu’est-ce qui t’a perdu, interrogea le Prophète ? - J’ai eu une union avec ma femme pendant le ramadhân ! - Est-ce que tu peux affranchir un esclave ? - Non. - Est-ce que tu peux jeûner deux mois consécutifs ? - Non. - Est-ce que tu peux nourrir soixante pauvres ? - Non. » Puis, il s’assit. On rapporta au Prophète(r)un panier où il y avait des dattes. Il s’exclama en lui tendant : « Tiens, offre-le en aumône ! - Y a-t-il dans Médine une famille plus pauvre que la nôtre ? Je n’en connais pas une entre ses deux plaques volcaniques qui en a plus besoin que nous ! » Le Prophète (r) se mit à rire à tel point qu’on put voir ses dents. Puis, il lui lança : « Tiens, prends-les pour nourrir ta famille. » » Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya – qu’Allah lui fasse miséricorde – souligne que les rapports sexuels (jimâ’) pendant le jeûne ont un point commun avec les menstrues ou la saignée (hijâma), dans le sens où certains éléments sont évacués du corps (istifrâgh). Ils ressemblent également sous certains aspects à la nourriture et aux boissons dans le sens où ils sont motivés par l’envie. Voici ses paroles : « Les rapports sexuels sont à l’origine de l’éjaculation du sperme ; sous cet angle, ils sont du même ordre que le vomissement, les menstrues, et la saignée, étant donné qu’il y a évacuation du corps. Sous un autre angle, ils représentent l’un des deux besoins organiques du corps ; ils sont ainsi du même ordre que l’envie de boire et de manger. Le Prophète (r)nous rapporte les Paroles du Seigneur disant au sujet du jeûneur, qu’il – je cite – : « … il a délaissé pour Moi nourriture et boisson. »Renoncer à ses désirs pour Allah est un acte d’adoration voulue par le Législateur, et pour lequel est prévue une récompense. Le jimâ’constitue l’un des plus grands bienfaits du corps et épanouissement de l’âme. Il met à contribution le désir, le sang et tous les organes de façon plus intense que la nutrition. Satan circule dans le corps de l’homme comme le sang, et la nourriture qui alimente le sang, va alimenter les envies. Il faut savoir que les rapports sexuels sollicitent ce mécanisme de façon plus intense. L’âme est d’autant plus encline au désir qu’elle soit moins tournée vers l’adoration. Le jimâ’est le summum des envies. Ce besoin est plus fort que celui de boire ou de manger. C'est pourquoi son expiation (kaffâra) est la même que celle du zhihâr (qui consiste à dire à sa femme : tu m’es interdite comme le dos de ma mère ndt.). Le fautif doit affranchir un esclave ou faire une expiation équivalente, conformément à la sunnaet au consensus. Le jimâ’est en effet plus grave ; son besoin et ses méfaits sont plus grands. C’est l’une des plus grandes sagesses qui se cachent derrière l’interdiction d’avoir des rapports sexuels pendant le ramadhân. Quant au fait qu’ils affaiblissent le corps comme toutes les autres évacuations, c’est encore une autre sagesse. De ce point de vue, ils sont comparables au vomissement et aux menstrues. Cette caractéristique est même plus marquée pour le jimâ’. C’est la raison pour laquelle, il est plus préjudiciable au jeûne que le manger et les menstrues. » Fin de citation. Or, Allah autorise au jeûneur de jouir de sa femme pendant les nuits du ramadhân, comme le révèle le Verset : [Il vous est permis de courtiser vos femmes les nuits du ramadhân]. Courtiser (rafath) fait allusion à l’amour physique ; Le Coran peut avoir recours à ce genre de procédés. Il est dit également que le terme rafath est un nom générique pour désigner tout ce que l’homme attend de sa femme. Quoi qu’il en soit, le Verset précise qu’il est permis de le faire la nuit. Cela sous-entend que le jeûneur n’a pas le droit de le faire durant la journée. Nous avons vu dans le cours précédent que la loi prévoit pour cette faute une lourde expiation qui à de quoi donner à réfléchir au musulman. L’éjaculation du sperme : est l’un des éléments qui altèrent le jeûne. Il est provoqué par des embrassades, des attouchements, la masturbation (communément appelé ‘âda sirriya), le regard persistant, etc. Le fautif doit continuer son jeûne et le récupérer ultérieurement. Il n’est soumis à aucune expiation, mais il doit se repentir et vivement regretter son geste. Il doit veiller à s’éloigner de tout ce qui peut susciter ses envies sexuelles et garder à l’esprit qu’il est en pleine adoration et non des moindres. Celle-ci réclame qu’il sacrifie ses appétits (manger, boire, rapports sexuels) pour Son Seigneur (U). L’éjaculation pendant le sommeil n’a pas d’influence nocive sur le jeûne, car involontaire. Il suffit juste bien entendu de faire la grande ablution. Boire et manger volontairement : conformément au Verset : [Mangez et buvez jusqu’à ce que vous distinguiez à l’aube un fil blanc d’un fil noir. Puis, continuez le jeûne jusqu’à la nuit]. Le Très-Haut nous autorise ici à manger jusqu’au crépuscule (fajr thânî). Puis, Il nous enjoint de poursuivre le jeûne jusqu’à la nuit. Ainsi, toute nutrition est interdite pendant cette période. Le Prophète (r) nous rapporte les Paroles du Seigneur (U) disant au sujet du jeûneur : « … il a délaissé pour Moi nourriture et boisson. » Dans ce registre, nous avons les aliments qui vont dans l’estomac sans passer par la bouche. Il y a également les substances liquides ou solides qui entrent dans le corps par l’œil, le nez, l’oreille (gouttes). Il est interdit également d’utiliser une pompe d’inhalation nasale ou buccale, étant donné qu’il contient un produit laissant un goût dans le gosier. Nous pouvons dire la même chose pour les injections nutritives, les médicaments, les perfusions sanguines. Soit ces substances sont nutritives soit elles parviennent simplement à la gorge et à l’estomac. De nombreux légistes – qu’Allah leur fasse miséricorde – établissent qu’elles ont le même statut que les aliments nutritifs. Il existe deux sortes d’injections non nutritives : les intraveineuses (ou intra-artériel) et les intramusculaires. Les premières font rompre le jeûne (mufattir), étant donné qu’elles se mélangent au sang. Celles-ci pénètrent à l’intérieur du corps plus facilement que les gouttes pour les yeux, le nez, et les oreilles. Quant aux deuxièmes, il est préférable de ne pas les utiliser par précaution, comme le réclame le hadîth : « Prends ce qui ne te suscite aucun doute aux dépens de ce qui te suscite un doute. » Néanmoins, certaines maladies nécessitent de prendre ces substances pendant la journée sans attendre le soir. Dans ce cas, il faut les prendre et récupérer le jour manqué, au même titre que le malade incapable de jeûner. Allah (I) l’a exempté de jeûner en lui offrant la possibilité de récupérer ses jours plus tard. Certains légistes estiment que le kohol est un mufattir, car il pénètre dans le gosier et y laisse la plupart du temps un goût. Il vaut donc mieux éviter de se s’en mettre la journée et ne pas s’aventurer dans des choses ambigües. Les prélèvements sanguins : les saignées (hijâma et fasd), les dons de sang, etc. Cette question se réfère au hadîth selon lequel le Prophète (r) prescrit au sujet du hijâma : «Le praticien et le patient ont tous deux rompu leur jeûne. » Rapporté par Ahmed et e-Tirmidhî. De nombreux hadîth vont dans ce sens. Ibn Khuzaïma explique à ce sujet : « Les annales du Messager d’Allah (r)en attestent. » Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya – qu’Allah lui fasse miséricorde – affirme : « La tendance disant que le hijâmafait rompre le jeûne est celle de la plupart des légistes en hadîth, comme Ahmed, Ishâq, ibn Khuzaïma, et ibn el Mundhir. En sachant que les traditionalistes – qui sont spécialisés dans les lois du hadîth et qui le mettent en pratique – sont ceux qui suivent le plus fidèlement Mohammed (r).Cette tendance est conforme aux grands principes et à l’analogie (qiyâs). L’autre tendance s’inspire d’un hadîthrapporté par sahîh el Bukhârîet disant que le Prophète (r)a fait le hijâmaen état de jeûne et de sacralisation (ihrâm). Or, Ahmed et d’autres spécialistes remettent en question cet ajout : « en état de jeûne ». Le texte authentifié est : « Le Prophète(r)a fait lehijâma en état de sacralisation. » Ahmed soutient que l’autre partie de la phrase n’est pas authentique. (…) La conclusion d’Ahmed rejoint la version sur laquelle s’accordent el Bukhârî et Muslim. C'est pourquoi Muslim n’a pas tenu compte de cet ajout dans son recueil. Elle est donc absente du hadîth. » Fin de citation. Certaines pertes de sang sont indépendantes de la volonté du jeûneur, comme les saignements de nez, les plaies, les interventions dentaires, etc. Celles-ci n’ont aucune influence sur la validité du jeûne, car involontaires. Le vomissement volontaire : qui consiste à faire rejeter violemment (le contenu de l’estomac) par la bouche avec le doigt. Le Prophète (r) dit à ce sujet : « Celui qui se fait vomir volontairement doit récupérer son jour. » Hadîth jugé bon par e-Tirmidhî ayant fait le commentaire suivant : « Il est en vigueur chez les savants. » Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya – qu’Allah lui fasse miséricorde – nous enseigne : « Le Prophète (r)a interdit d’évacuer les aliments (boisson, nourriture) qui renforcent et qui alimentent le corps. En le faisant, on s’affaiblit, et on peut même s’exposer à certains préjudices. De cette façon, on dépasse les limites dans l’adoration, tout en manquant d’équité. » Fin de citation. Le vomissement involontaire n’influe nullement sur la validité du siyâm, conformément au hadîth : « Celui qui vomit malgré lui n’a pas à le récupérer. » Rapporté par e-Tirmidhî. Malgré lui (dhara’ahu) : dans le sens où s’est plus fort que sa volonté. Le jeûneur ne doit pas se rincer la bouche et le nez avec vigueur lors des ablutions, conformément au hadîth : « Rince-toi le nez avec vigueur, sauf si tu es en état de jeûne. » Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya – qu’Allah lui fasse miséricorde – nous fait savoir : « L’eau inhalée dans les narines descend au gosier et à l’intérieur du corps. Elle a donc le même effet que quand elle passe par la bouche dans le sens où elle alimente le corps et coupe la soif. » Le jeûneur a le droit de se rafraichir avec de l’eau et de prendre une douche, en faisant attention à ne pas en avaler. Il ne lui sera pas tenu rigueur également des aliments qu’il ingurgite par oubli. Le Prophète (r) établit en effet : « Le jeûneur qui mange ou qui boit par oubli doit poursuivre son jeûne, car c’est Allah qui l’a nourrit et abreuvé. » Rapporté par el Bukhârî et Muslim. Allah fait ainsi preuve de compassion et de souplesse envers Ses serviteurs. « doit poursuivre son jeûne » : c’est la preuve qu’il n’est pas annulé. La poussière et les insectes également qu’on avale malgré soi n’ont aucune influence sur le jeûne. Sachez – qu’Allah vous fasse miséricorde – que le jeûneur doit éviter tous les éléments qui altèrent le jeûne, soit en l’annulant complètement soit en lui faisant perdre de sa valeur. Néanmoins, tout oubli ne lui sera pas tenu rigueur, conformément au hadîth : « L’erreur, l’oubli et la contrainte ne sont pas tenus compte à ma communauté. » Un Verset nous apprend également : [Les fautes commises par erreur ne vous sont pas tenues rigueurs, non celles qui sont commises en toute âme et conscience]. Que les Prières d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed ! Extrait du livre : ittihâf ahl el îmân de Sheïkh Sâlih el Fawzân. |
http://ramadhan.af.org.sa/node/1716 Sheïkh Sâlih el Fawzân Les vertus de la nuit du destin Question : quelles sont les vertus de la nuit du destin avec citation des Versets à l’appui ? En réponse : Le Coran met l’accent sur la nuit du destin (qadr). Elle doit son nom, selon une hypothèse, aux événements (distribution des richesses, décès, etc.) qui auront lieu au cours de l’année suivante. Allah (I) : [Cette nuit-là, tout ordre sage est tranché].[1] C’est la raison pour laquelle le Très-Haut lui aurait donné ce nom. Selon une autre hypothèse, elle fut appelée ainsi en raison de son importance et de son haut rang (qadr) auprès d’Allah (I). Elle est également qualifiée de « nuit bénite » dans le Verset suivant : [Nous l’avons révélé lors d’une nuit bénite ; nous étions certes des avertisseurs].[2] Allah met en avant son importance dans deux Versets : [Et toi, sais-tu ce qu’est la nuit du destin ? • La nuit du destin vaut mieux que mille mois].[3] Autrement dit, les bonnes œuvres accomplies lors de cette nuit bénite rapportent la récompense de mille mois de labeur, soit plus de quatre-vingt-trois années. Ce qui démontre la valeur extraordinaire de cette nuit. Le Prophète (r), qui était à l’affut de ses mérites, nous prescrit : « Celui qui prie la nuit du destin avec foi et à l’affût de la récompense verra ses péchés, passés et futurs, pardonnés. » En outre, Allah (I) nous informe qu’à cette occasion, les anges et l’Esprit descendent du ciel. Si ce n’était un événement aussi important, ils ne feraient pas ce déplacement. Puis, la sourate conclut : [Elle est paix jusqu’au lever de l’aurore].[4] Elle est qualifiée de paix (salâm) en raison de son importance et des biens immenses et bénits qu’elle rapporte ; en s’en privant, on se prive d’un grand bien ! Ainsi, cette nuit concède des vertus extraordinaires. Cependant, dans Sa sagesse infinie, Allah l’a cachée aux hommes afin qu’ils redoublent d’efforts toutes les nuits du ramadhân pour la trouver. Cela va les pousser à multiplier les bonnes œuvres. Ils jouissent ainsi de deux avantages : ils se consacrent à l’adoration pendant toutes les nuits du mois, et ils profitent des généreux bienfaits, dont la récompense immense, que rapporte la nuit du destin. Dans sa générosité infinie, Allah leur permet d’être doublement gagnants. En un mot, laïlat el qadr est une nuit extraordinaire ; elle est bénite et constitue un bienfait immense pour les serviteurs d’Allah (I). Le musulman doit tout mettre en œuvre pour en profiter et jouir de la récompense qu’elle rapporte, lui qui en a grand besoin ! Extrait du livre : Fatâwa ramadhân [1]La fumée ; 4 [2]La fumée ; 3 [3]Le destin ; 2-3 [4]Le destin ; 5 |
http://ramadhan.af.org.sa/node/1717 Sheïkh Sâlih el Fawzân Les œuvres méritoires pendant le ramadhân Question : quelles sont les œuvres méritoires pendant le mois du ramadhân ? En réponse : les œuvres méritoires pendant le mois du ramadhân sont nombreuses. Voici les plus importantes : observer avec assiduité les rites prescrits (prière, jeûne, etc.), multiplier les œuvres surérogatoires (lecture du Coran, la prière du tarâwîh (au début de la nuit ndt.) et du tahajjûd (à la fin de la nuit ndt.), aumône, retraite spirituelle, etc.) et multiplier les formules de dhikr : tasbîh (dire : subhâna Allah !), tahlîl (dire : lâ ilâh illâ Allah !), takbîr (dire : Allah akbar !). C’est l’occasion de rester dans la mosquée pour se concentrer sur l’adoration. En parallèle, il faut faire attention à tout ce qui annule ou altère le jeûne (mauvaise paroles, actes interdits ou déconseillés). Extrait du livre : Fatâwa ramadhân |
http://ramadhan.af.org.sa/node/1718 Comment occuper son temps pendant le ramadhân De Sheïkh Sâlih el Fawzân Louange à Allah pour Sa faveur et Ses bienfaits. Il nous a fait la faveur de parvenir au mois du ramadhân et d’y faire de bonnes œuvres nous permettant de nous rapprocher de Lui. Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, le plus prompt des hommes à faires des bonnes œuvres, ainsi que sur ses proches et ses Compagnons ! Ces derniers ont cru en lui ; ils l’ont soutenu, assisté, et ont suivi la lumière qui lui fut révélée ; c'est pourquoi ils méritaient d’être les bienheureux… Je recommande à tous en commençant par moi-même de craindre Allah à l’occasion de ce mois, mais aussi pendant le reste de l’année. Allah a toutefois concédé au ramadhân un mérite particulier. C’est la saison des bonnes œuvres. Le Prophète (r) implorait le Seigneur dans ses invocations de le faire parvenir à ce mois bénit. À la venue de rajab, il invoquait : « Ô Allah ! Bénis-nous les mois de rajab et de sha’bân,et fais-nous parvenir au mois du ramadhân ! » Il félicitait ses Compagnons au début du mois des jeûneurs et vantait ses vertus. Il proclamait notamment : « Ô gens ! Vous venez d’entrer dans un mois extraordinaire et bénit. » Il les encourageait à redoubler d’efforts dans les actes d’adoration obligatoires et surérogatoires (prières, aumônes, bienfaisance, endurance dans le culte, jeûne, prière nocturne, lecture du Coran, et dhikr). Il ne s’agit pas de rester sans rien faire ou de perdre tout son temps à autre chose. Les malheureux sont ceux qui oublient Leur Seigneur. En punition, Il les fait s’oublier eux-mêmes. Ils ne tirent pas profit des bonnes périodes en ne leur donnent aucune importance. Bon nombre de gens voient dans le ramadhân l’occasion de faire de grands repas. Le soir, ils se vengent sur la nourriture et les boissons et ils multiplient les faux frais pour se remplir la panse. Pourtant, trop se nourrir alourdit le corps. C'est pourquoi il est recommandé de peu manger afin d’affronter tous les rites avec énergie. Par ailleurs, certains gens passent leurs journées à dormir et leurs nuits à veiller. Le problème, c’est que non seulement ils perdent leur temps la nuit, mais ils y font des choses qui leur portent préjudices. Ils veillent la majeure partie de la nuit, voire toute la nuit, puis ils entrent dans un long sommeil en faisant l’impasse sur les prières de la journée : ils ne les font pas à l’heure prescrite et encore moins en groupe. Certains gens ont la vilaine habitude de se vautrer sur le repas du coucher du soleil, à tel point qu’ils en oublient la prière du maghrab en assemblée. Toutes ces catégories d’individus ne donnent aucune importance à ce mois et ils n’ont aucun scrupule à enfreindre son caractère sacré en commettant des péchés durant leurs longues veillées et en négligeant leurs rites. En parallèle, certains individus sont absorbés par l’appât du gain. Pour eux, le ramadhân est une poule aux œufs d’or. Ils vivent dans les marchés et désertent complètement les mosquées. Quand ils daignent y mettre un pied, c’est pour vite en ressortir, car leur cœur est ailleurs. Pour d’autres, le ramadhân est l’occasion de faire la manche dans les mosquées et dans la rue. Leur tournée dans les villes leur prend presque tout de leur temps. Leur seule motivation est de ramasser le plus d’argent possible en se faisant passer pour des pauvres ou des handicapés. C’est faire preuve d’ingratitude envers Allah qui leur a offert santé et richesse. En outre, ils prennent illégitimement l’argent des autres et gaspillent tout leur temps dans cette activité qui ne leur rapporte pourtant que des préjudices. Tous ces individus font perdre à ce mois la saveur particulière qu’il concède. Bien qu’il était tout le temps rigoureux, le Prophète (r) était plus prompt à y faire des bonnes œuvres que pendant n’importe quel autre mois. Il mettait de côté bon nombre d’activités, qui pourtant étaient en réalité des actes d’adoration. Cependant, il les sacrifiait pour se consacrer à des activités encore plus méritoires. Les pieux prédécesseurs le prenaient en exemple et offraient à ce mois un soin particulier. Ils focalisaient toute leur attention à l’adoration. La nuit, ils priaient et la journée, ils jeûnaient. Ils étaient absorbés par la lecture du Coran et l’évocation d’Allah (le dhikr), et étaient attachés aux mosquées. En faisant une comparaison entre leur situation et la nôtre, nous pourrons réellement mesurer l’intérêt que nous accorder à ce mois qui est une lame à double tranchant. Autant, les bonnes actions y ont plus de poids, autant les péchés y sont plus graves. Ainsi, toute infraction engendre une plus grande punition. Nous devons craindre Allah (I) et honoré ce qu’Il a rendu sacré : [Celui qui honore les choses sacrées d’Allah, cela vaut mieux pour lui auprès de Son Seigneur]. Qu’Allah nous conduise vers les bonnes paroles et les bonnes œuvres ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons ! Extrait du livre : ittihâf ahl el îmân de Sheïkh Sâlih el Fawzân. |
http://ramadhan.af.org.sa/node/1719 Sheïkh Sâlih el Fawzân Faire entrer les prières rattachées au ‘ishâ (rawâtib) dans le tarâwîh Question : Peut-on faire les deux premières rak’a du tarâwîh avec l’intention de faire celles qui suivent la prière du ‘ishâ ? En réponse : Le tarâwîh n’a rien à voir avec les rawâtib. On fait tout d’abord les deux raka’a qui suivent le ‘ishâ, en sachant qu’elles ne sont pas obligatoires, puis on entre dans le tarâwîh. Il ne s’agit pas de faire les unes à la place des autres. Les rawâtib sont indépendantes du tarâwîh. C'est pourquoi les savants ont des expressions du genre : « La prière du tarâwîhaprès celle du ‘ishâet de sa râtiba. » Ils ne la comptent nullement dans le tarâwîh. Fatwa prise du site : mawqi’ muassat e-da’wa el khaïriya |
http://ramadhan.af.org.sa/node/1720 Sheïkh Sâlih el Fawzân La différence entre le faqîr et le miskîn Question : Quelle est la différence entre le faqîr et le miskîn ? En réponse : lorsque ces deux termes sont cités ensembles, le faqîr désigne le pauvre qui n’a rien ou pratiquement rien en sa possession, tandis que le miskîn possède au moins la moitié de ce qu’il a besoin, voire plus. Il a donc une meilleure situation que le faqîr. Fatwa prise du site : mawqi’ muassat e-da’wa el khaïriya |
http://ramadhan.af.org.sa/node/1721 Comment récupérer ses jours de jeûne De Sheïkh Sâlih el Fawzân Louange à Allah, le Seigneur de l’Univers qui a légiféré et facilité ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches, ses Compagnons et ses adeptes jusqu’au Jour de comptes ! Sachez qu’il est de votre devoir de connaitre les Lois touchant au fidèle qui rompt son jeûne durant les journées du ramadhan pour une raison légale. Allah révèle : [Celui parmi vous qui est malade ou en voyage devra récupérer ses jours manquants], [Celui parmi vous qui est malade ou qui a un problème à la tête devra faire une expiation ; soit, jeûner, faire l’aumône ou immoler une offrande]. Dans ces deux Versets, le Seigneur permet de manger pendant le ramadhan à deux catégories d’individus : le malade et le voyageur. Il leur enjoint toutefois de récupérer les jours qu’ils ont manqué une autre période de l’année. Ils ont tout de même le choix de refuser cette permission. Dans ce cas, leur jeûne est valable, selon la plus probable des opinions sur la question qui est celle de la majorité des savants. Puis, le Très-Haut donne la raison à l’origine de cette permission en précisant qu’elle vise la facilité aux musulmans en difficulté comme le malade et le voyageur. Il se cache également une sagesse derrière l’obligation de récupérer les jours manqués. Il s’agit de combiner entre l’obligation de finir les rites qui sont imposés et l’opportunité de jouir d’une permission en cas de difficulté. Par ailleurs, il existe une troisième catégorie d’individus à qui il est offert de s’abstenir du jeûne : le vieillard et celui qui a une maladie incurable dans la situation où ils sont incapables d’accomplir leur rite. Allah (I) révèle : [Ceux qui en sont capables devront faire une expiation en nourrissant un pauvre]. Le Verset parle de ceux qui sont capables de jeûner, mais avec difficulté. Dans ce cas, ils ont la possibilité de nourrir un pauvre à la place du jeûne pour chaque jour manqué. Un certain nombre de savants vont vers cette explication du Verset et soutiennent qu’il n’est pas abrogé. Ces derniers font entrer dans cette catégorie la femme enceinte et pendant la période d’allaitement si elles sentent que le jeûne représente un danger pour leur santé ou celle du bébé. Il est en effet rapporté qu’ibn ‘Abbâs prescrivit à l’une de ces deux femmes : « Tu es dans la même situation que ceux qui ne sont pas capables de jeûner. » L’une des filles d’ibn ‘Omar qui attendait un bébé lui fit envoyer une question dans laquelle elle se renseignait sur la chose. Voici quelle fut sa réponse : « Tu manges et tu nourris un pauvre pour chaque jour manqué. » Or, pour cette catégorie d’individus, il existe trois cas possibles : 1- Récupérer les jours manqués sans faire de compensation (maladie, voyage, grossesse et allaitement pour les femmes qui ont peur pour leur santé). 2- Faire une compensation sans récupérer les jours manqués, car incapables de jeûner (vieillesse et maladie incurable). 3- Faire à la fois une compensation et récupérer les jours manqués (grossesse et allaitement pour les femmes qui ont uniquement peur pour leur bébé). La compensation consiste ici à nourrir un pauvre pour chaque jour manqué, soit la moitié d’un sâ’ (boisseau avec lequel on mesure les grains ndt.) de la nourriture du pays dans lequel on vit. Notre religion prône la facilité et l’indulgence. Elle tient compte des aléas qui surviennent dans la vie d’un homme et elle ne lui impose pas des « fardeaux » au-dessus de ses forces. Elle va jusqu’à s’abstenir de lui imposer des choses qu’il serait capable de faire, mais avec grande difficulté. Elle adapte ses lois en fonction des situations rencontrées. Le citadin ne sera pas soumis aux mêmes lois que le voyageur et le malade aura un statut différent du fidèle en bonne santé. Dans tous les cas, le musulman ne coupe jamais avec le culte d’Allah. Sans n’être exempt de ses obligations, il jouit malgré tout de certaines facilités qui sont adaptées à sa situation. Allah (I) révèle : [Adore Ton Seigneur jusqu’à ce que te vienne la certitude]. Il rapporte également les paroles de ‘Îsâ disant : [Il m’a recommandé de faire la prière et l’aumône tant que je serais en vie]. Malheureusement, certaines personnes malintentionnées reprennent à leur compte la souplesse de l’Islam pour justifier leur manquement et leur débauche. Ils prétendent en effet que la religion nous veut la facilité. Nous disons oui, mais cela ne veut pas dire qu’il faille négliger ses devoirs et s’abandonner à ses passions. La religion musulmane est souple dans le sens où elle allège dans certaines situations des actes d’adoration jugés trop difficiles pour certaines personnes. Des excuses légales sont notamment accordées à l’occasion duramadhân à différentes catégories d’individus. Ces derniers ont la possibilité de rattraper leurs jours une autre période de l’année, soit lorsqu’ils seront dans de meilleures dispositions pour accomplir convenablement leur rite. Dans des cas extrêmes, ils ont même l’opportunité de ne pas jeûner du tout, en se contentant de nourrir un pauvre pour chaque jour manqué. Ils peuvent ainsi concilier entre leur devoir d’accomplir leur rite et l’opportunité de le soulager, qu’Allah soit loué ! Il y a deux façons de rompre son jeûne duramadhân : les excuses légales et certains actes interdits comme les relations sexuelles. Dans ces deux cas, il incombe de récupérer le jour manqué conformément au Verset : [devra récupérer ses jours manquants]. Il est recommandé de les récupérer (qadhâ) le plus tôt possible pour ainsi se décharger de ses responsabilités, comme il est recommandé de les rattraper successivement, à l’image de ses jours initiaux. À défaut de les rattraper le plus tôt possible, il faut au moins avoir l’intention de le faire. Il est toutefois permis de retarder son qadhâ, car la période pour le faire est suffisamment vaste. Il est permis en règle générale de retarder toute obligation dont la période est vaste. L’essentiel, c’est de la programmer. Il est également permis d’espacer les jours à rattraper. Néanmoins, à la fin de sha’bân, il n’est plus permis d’espacer les jours de rattrapage à l’unanimité des savants, car on n’a plus le temps pour le faire. Il est interdit de récupérer sa dette après le prochain ramadhân sans excuse valable. ‘Âisha nous apprend à ce sujet : « J’avais des jours de jeûne du ramadhânà rattraper, mais je ne pouvais pas le faire avant sha’bânen raison de la place qu’occupait le Messager d’Allah (r) auprès de moi. » Rapporté par el Bukhârî et Muslim. Ainsi, il est possible de retarder son qadhâ jusqu’aux derniers jours de sha’bân en faisant en sorte qu’il reste suffisamment de temps pour refaire tous ses jours manqués. Il devient dès lors obligatoire de faire son qadhâ avant le début du ramadhân. Sinon, il faudra le faire après le ramadhân. Si ce retard est dû à une excuse valable, on se contente de refaire ses jours manqués, mais s’il n’est motivé par aucune raison valable, il faudra, en plus de devoir le récupérer, nourrir un pauvre pour chaque jour manqué, soit la moitié d’un sâ’ de la nourriture du pays dans lequel on vit. Si le fidèle ayant un qadhâ à sa charge vient à mourir avant le prochain ramadhân, il n’aura rien contre lui étant donné qu’il n’a pas dépassé la date buttoir. S’il meurt après la date buttoir qu’il a dépassée pour des raisons valables (maladie, voyage), il n’aura rien non plus à sa charge. S’il n’avait aucune excuse valable, alors ses héritiers devront procéder à une expiation (kaffâra) qui consiste à nourrir un pauvre pour chaque jour manqué. Si le défunt avait à sa charge une kaffâra en jours de jeûne, comme la kaffâra du zhihâr (qui consiste à dire à sa femme : tu m’es interdite comme le dos de ma mère ndt.) ou de l’immolation du hadj tamattu’, ses héritiers devront nourrir un pauvre, mais sans rattraper ses jours de jeûne. Il n’est pas possible de jeûner à la place de quelqu’un au cours de sa vie, et à fortiori après sa mort, selon l’opinion de la plupart des savants. En revanche, si le défunt n’a pas eu le temps de remplir son vœu (nadhr) de jeûner, dans ce cas seulement, il est recommandé à son tuteur (walî) de le faire à sa place. D’après el Bukhârî et Muslim en effet, une femme vint voir le Prophète (r) pour lui demander : « Ma mère, qui vient de mourir, avait fait le vœu de jeûner. Dois-je le faire à sa place ? - Oui, répondit-il. » Le tuteur, c’est l’héritier. L’Imam ibn el Qaïyim – qu’Allah lui fasse miséricorde – explique à ce sujet : « Il incombe de faire uniquement à sa place son vœu de jeûner, mais pas ses jours de jeûne prescrits. Cette tendance est celle d’Ahmed et d’autres savants. Elle est imputée à ibn ‘Abbâs et ‘Âisha ; elle est conforme aux textes et à l’analogie (qiyâs). Faire le vœu de jeûner en effet n’est pas imposé par le Législateur, mais c’est le fidèle qui se l’impose à lui-même. Il devient ainsi comme une dette. C’est la raison pour laquelle le Prophète (r)l’a comparé à la dette. Quant au jeûne prescrit par Allah, il compte parmi les piliers de l’Islam, il n’est en aucun cas concerné par la substitution (niyâba), au même titre que la prière et l’attestation de foi. Ces actes d’adoration incombent à chaque serviteur qui fut créé dans cette ambition et qui y est astreint. Il n’est donc pas possible de les faire à sa place. Personne ne peut prier à la place de quelqu’un d’autre. » Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya – qu’Allah lui fasse miséricorde – souligne pour sa part : « Il incombe de nourrir un pauvre à sa place pour chaque jour manqué. Cette opinion est celle d’Ahmed, d’Ishâq, et d’autres savants. Celle-ci est conforme à l’examen attentif et aux annales. Le vœu en effet reste à la charge de l’individu ; il incombe donc de le faire à sa place après sa mort. Quant au jeûne du ramadhân, il n’incombe nullement à celui qui en est incapable. Il devra simplement faire une expiation qui consiste à nourrir un pauvre pour chaque jour manqué. Le qadhâ incombe uniquement à celui qui en est capable. Il n’est donc pas la peine de lui trouver dans ce cas un substitut. Quant au vœu que la personne s’impose comme le jeûne ou autre, il incombe de le faire à sa place. Aucune divergence entre savants n’est à noter sur la question conformément aux hadîth authentiques venant l’appuyer. » Que les Prières d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et ses Compagnons… |
http://ramadhan.af.org.sa/node/1722 Le statut de celui qui ne jeûne pas Le Comité permanent de la Fatwa et de la recherche Question : est-ce que l’abandon du jeûne sans excuse valable comme la maladie ou autre est une mécréance ? En réponse : quand on ne fait pas le jeûne parce qu’on renie son caractère obligatoire, on est un mécréant à l’unanimité des savants. En revanche, l’abandon mu par la fainéantise et la négligence n’est pas du même ordre, bien qu’extrêmement périlleux, car touchant à un pilier de l’Islam considéré obligatoire à l’unanimité des musulmans. En outre, toute défection est passible d’une punition corporelle exemplaire appliquée par les pouvoirs publics en vue de prévenir toute récidive. Certains savants vont jusqu’à sortir de l’Islam tout fautif à qui ils incombent de se repentir auprès d’Allah (I). Qu’Allah nous concède la vérité à tous ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed ainsi que sur ses proches et ses Compagnons ! Le Comité permanent de la Fatwa et de la recherche Membre :‘Abd Allah ibn Qu’ûd Vice-président :‘Abd e-Razzâq ‘Afîfî Président :‘Abd el ‘Azîz ibn Bâz |
Peut-on jeûner sans faire la prière ? Son Éminence ‘Abd el ‘Azîz ibn Bâz Question : quel est le statut de celui qui jeûne sans faire la prière ? Son jeûne est-il valable ? En réponse : selon l’opinion la plus juste, délaisser sciemment la prière relève de la grande mécréance. C’est pourquoi, dans ce cas, le jeûne, comme n’importe quel autre rituel, n’a aucune valeur, sauf si le fautif se repent conformément au Verset :[s’ils avaient associé quoi que ce soit à Allah, leurs œuvres auraient été annulées].[1] Plusieurs Versets et hadîth vont dans ce sens. Aux yeux d’une partie des savants, le coupable reste musulman ; son jeûne et tous ses rituels en général sont donc valables. L’essentiel, est qu’il reconnaisse le caractère obligatoire de la prière, bien qu’il la néglige par fainéantise ou autre. La première opinion, selon laquelle délaisser sciemment la prière relève de la grande mécréance, reste la plus juste, peu importe que le fautif reconnaisse son caractère obligatoire. De nombreux textes viennent l’appuyer. Nous avons notamment le hadîth : « L’abandon de la prière est la limite entre un musulman et la mécréance et le paganisme. » Rapporté par Muslim dans son recueil e-sahîh, selon Jâbir ibn ‘Abd Allah – qu’Allah les agrée son père et lui –. Le Prophète (r) affirme également : « La prière est le pacte qu’il y a entre eux et nous, la délaisser est de la mécréance. » Rapporté par l’Imâm Ahmed et les auteurs des quatre sunan avec une chaine narrative authentique, selon Buraïda ibn el Husaïn el Aslamî(t). L’érudit ibn el Qayïim – qu’Allah lui fasse miséricorde – s’est étendu sur cette question pour laquelle il consacre une épitre entière sur les lois de l’abandon de la prière. Celle-ci est très intéressante et mérite qu’on y revienne. |
La prière du tarâwîh De Sheïkh Sâlih el Fawzân Louange à Allah, le Seigneur de l’Univers ! Il a prescrit à Ses serviteurs certains rites à l’occasion du ramadhân, et Il les a encouragés à saisir cette occasion. Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, le plus prompt des hommes à faires des bonnes œuvres, ainsi que sur ses proches, ses Compagnons et leurs fidèles successeurs ! Sachez – qu’Allah nous assiste vous et moi – que Mohammed (r), le Prophète de la vérité vous a légiféré la prière du tarâwîh à l’occasion de ce mois bénit. C’est une sunna fortement recommandée (sunna mu-akkada). Elle doit son nom au repos que les fidèles prenaient toutes les quatre rak’a, car à l’époque, elles étaient très longues. Celle-ci est plus méritoire en groupe. Le Prophète (r) la fit plusieurs nuits avec ses Compagnons, mais par la suite, il s’absenta plusieurs fois de peur qu’elle ne leur fut imposée. D’après el Bukhârî et Muslim, selon ‘Âisha – qu’Allah l’agrée –, le Prophète (r) pria une nuit à la mosquée et des gens se mirent derrière lui. La nuit suivante, il y avait plus de monde. Ils se réunirent la troisième ou la quatrième nuit, mais le Prophète ne vint pas au rendez-vous. Le lendemain, il leur expliqua : « J’ai bien vu votre rassemblement cette nuit, mais je ne suis pas sorti de peur que cela ne vous soit imposé. » Cet événement eut lieu pendant le ramadhân. Après sa mort, ses Compagnons perpétuèrent cette tradition qui reçut le consentement de toute la communauté. Selon un hadîth : « Celui qui prie derrière l’Imam jusqu’à ce qu’il ait fini verra ses péchés, passés et futurs, pardonnés. » Rapporté par el Bukhârî et Muslim. Cette sunna a donc une origine, il ne convient pas au musulman de faire l’impasse dessus. Le Prophète (r) ne nous a pas imposé un nombre de ra’ka déterminé. La chose reste souple. Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya – qu’Allah lui fasse miséricorde – souligne : « On peut faire vingt rak’a, conformément à la tendance la plus notoire d’Ahmed et de Shâfi’î. On peut en faire trente-six, comme le veut celle de Mâlik. On peut tout aussi bien en faire onze ou treize. Leur nombre dépendra en fait de la longueur des prières. ‘Omar (t)avait décidé de regrouper les fidèles derrières Ubaï qui faisait vingt rak’a. certains Compagnons en faisaient beaucoup, et d’autres en faisaient moins. Aucun texte scripturaire authentique ne fixe un nombre de prières précis. Bon nombre d’imams – imam des mosquées – font leur tarâwîhà la va-vite. Ils ne mettent pas un temps d’arrêt (tu-mânîna), qui est pourtant un pilier de la prière, à l’inclination (rukû’)et à la prosternation (sujûd). La prière réclame de se concentrer devant le Très-Haut et de tirer des leçons des Versets qui y sont récités. Cela n’est pas possible en allant trop vite. Il vaut mieux faire dix rak’aavec sérénité que vingt à la hâte. L’essentiel dans la prière, c’est de ressentir qu’on est devant le Tout-Puissant, peu importe le nombre qu’on en fait. Dans cet ordre d’idée, il vaut mieux aller lentement en récitant le Coran que d’aller vite. Quand je parle d’aller vite, j’entends par là en restant dans les limites du convenable, soit sans manger ses mots. Il n’est pas permis de manger ses mots pour aller vite. Il vaut mieux prier derrière un imam dont la lecture est claire. Allah condamne ceux qui lisent le Coran sans en comprendre le sens. Il (I)révèle en effet : [Parmi eux, il y a des illettrés qui ne connaissent du Livre que la lecture (ou des conjectures ndt.)].[1] Autrement dit, ils récitent le Coran sans le comprendre. Pourtant, il fut révélé dans le but d’être compris par les hommes et d’être mis en pratique, non uniquement pour sa récitation. » Fin de citation. Certains imams négligent le tarâwîh. Ils lisent trop vite sans respecter les lois du Coran, et font leurs gestes (rujû’, sujûd) trop vite, alors que la sérénité (tu-mânîna) est un pilier incontournable de la prière. En plus, ils ne dépassent pas le nombre minimum de rak’a. Non seulement, ils font peu de rak’a, mais en plus de cela, ils prient à la hâte et récitent mal le Coran. Ils s’amusent avec les rituels ! Ils doivent craindre Allah et s’appliquer dans leur prière. Ils doivent penser à ceux qui prient derrière eux, et ne pas les priver de faire un bon tarâwîh. Qu’Allah nous concède à tous de faire de bonnes œuvres et de gagner le bonheur ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et ses Compagnons ! Extrait du livre : ittihâf ahl el îmân de Sheïkh Sâlih el Fawzân. |
Peut-on jeûner sans faire la prière ? Sheïkhel ‘Uthaïmîn Question : nous voudrions connaitre le statut du jeuneur qui ne fait pas la prière En réponse : sans faire la prière, le jeûne n’est pas valable ni accepté, car c’est un acte d’apostasie et de grande mécréance, conformément au Verset : [et s’ils se repentissent, accomplissent la prière, et versent l’aumône, alors ils seront vos frères en religion].[1] Le Prophète (r) affirme également : « La prière est le pacte qu’il y a entre eux et nous, la délaisser est de la mécréance. » Un autre hadîth nous apprend : « L’abandon de la prière est la limite entre un musulman et la mécréance et le paganisme. » Cette opinion est celle de l’ensemble, si ce n’est de tous les Compagnons. ‘Abd Allah ibn Shaqîq, l’un de leurs successeurs notoires – qu’Allah lui fasse miséricorde –, est l’auteur des paroles : « Les Compagnons du Prophète (r)ne voyait aucun acte relevant de la prière, en dehors de la prière. » Par rapport à cela, le jeûne sans la prière n’est pas accepté, et ne sera d’aucune utilité le Jour de la Résurrection auprès d’Allah. Nous disons à cette personne : prie d’abord et jeûne ensuite, mais il ne sert à rien de jeûner sans prier, étant donné que les actes d’adoration du mécréant n’ont aucune valeur. |
Négliger la prière pendant le reste de l’année On posa la question à Sheïkh el ‘Uthaïmîn Question : nous remarquons que certains musulmans négligent la prière pendant toute l’année, sauf pendant le ramadhân qu’ils consacrent à la prière, au jeûne, et à la lecture du Coran… Quelle valeur a leur jeûne ? Et quel conseil pouvez-vous leur donner ? En réponse : leur jeûne est valable, car provenant de ses adeptes, et n’ayant été entaché par aucune annulation. Il est donc valable. Néanmoins, le problème que je peux donner à ces gens, c’est de craindre Allah (I), et de L’adorer comme Il le leur a prescrit à toutes les périodes de l’année et où qu’ils se trouvent. La mort ne prévient pas, et peut venir, contre toute attente, juste aux portes du ramadhân. Le Très-Haut a décrété que la mort est le seul moyen de mettre un terme à l’adoration, conformément au Verset : [Adore Ton Seigneur jusqu’à ce que ne te vienne la conviction].[1] La conviction, c’est la mort. |
Les personnes concernées par le jeûne De Sheïkh Sâlih el Fawzân Louange à Allah ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons ! Sachez – qu’Allah nous assiste vous et moi – que le jeûne du mois de ramadhân est l’une des plus grandes obligations de l’Islam. Allah (I) révèle : [Ô croyants ! Le jeûne vous a été prescrit], jusqu’à : [Celui qui parvient à ce mois doit jeûne]. Le Prophète (r) déclare pour sa part : « L’Islam repose sur cinq piliers : attester qu’il n’y a d’autre dieu en dehors d’Allah [digne d’être adoré], et que Mohammed est le Messager d’Allah, observer la prière, verser l’aumône, jeûner pendant le mois de ramadhân, et faire le pèlerinage à la Maison sacrée pour celui qui en a les moyens. » Rapporté par el Bukhârî et Muslim. Ce Verset prouve que le jeûne est obligatoire et le hadîth montre qu’il est l’un des piliers de la religion. Les musulmans sont unanimes à dire que le jeûne (siyâm) est obligatoire. Le consensus est formel sur la question. Celui qui renie son aspect obligatoire est un apostat. On lui somme de se repentir sous peine de mise à mort. Le jeûne du ramadhân incombe donc à tous les musulmans. Si quelqu’un se convertit pendant le mois, il devra se contenter de le finir, sans obligation de récupérer les premiers jours. En outre, le jeûne est imposé au pubère, non à l’enfant. S’il atteint l’âge de raison, son jeûne lui sera compté facultativement, mais sans lui être imposé. Il est recommandé à ses parents de le faire jeûner pour lui en donner l’habitude, et pour qu’il fasse partie de son éducation. En revanche, le siyâm n’est pas imposé au malade mental jusqu’à ce qu’il recouvre la raison, conformément au hadîth : « La plume est levée pour trois individus : il cita notamment le fou jusqu’à ce qu’il recouvre sa raison. » Ainsi, le jeûne est imposé au musulman pubère et sain d’esprit. S’il est en bonne santé et citadin, il doit s’en acquitter immédiatement. En revanche, s’il n’est pas en mesure de jeûner en raison de la maladie, il doit le rattraper plus tard. La femme en période de menstrues ou après l’accouchement doit également rattraper ses jours manqués. Quant au voyageur en bonne santé, il a le droit de manger. Au cas où il déciderait de ne pas jeûner, il devra récupérer ses jours manqués. Si au cours du mois, on remplit les conditions pour jeûner (un nouveau converti, un enfant ayant atteint l’âge de la puberté, une femme ayant terminé sa période de menstrues mensuelles ou suite à l’accouchement, un malade ayant retrouvé la santé, un voyageur de retour chez lui, un fou ayant recouvré la raison, ou s’il est établi en pleine journée que le mois est entré la veille), on doit s’abstenir de jeûner pour le reste du jour et le rattraper ensuite. Le jour en question n’étant pas valable, ils doivent en effet le rattraper. Néanmoins, ils doivent s’abstenir de manger le reste de la journée par respect envers l’événement. Le musulman doit porter attention à sa religion, et surtout aux éléments qui la rendent valable, comme les cinq piliers de l’Islam. Le jeûne notamment, est un rite extraordinaire qui se répète tous les ans. L’un de ces piliers est constant ; il accompagne tous les instants de la vie du musulman. Il s’agit de l’attestation de foi : attester qu’il n’y a d’autre dieu en dehors d’Allah [digne d’être adoré], et que Mohammed est le Messager d’Allah. L’un de ces piliers revient cinq fois par jour, la prière. Deux d’entre eux reviennent une fois par an, l’aumône légale et le jeûne. Enfin, le dernier d’entre eux est imposé une fois dans la vie, le pèlerinage. Ses piliers sont lourdement imprégnés dans la vie du fidèle. Leur fréquence (journalière, annuelle) dépend de leur importance, mais aussi de la facilité à les accomplir. Trois de ces piliers sont exclusivement corporels (l’attestation de foi, la prière, le jeûne), l’un est exclusivement financier (l’aumône légale) et le dernier est à la fois corporel et financier (le pèlerinage). Tous réclament de vouer une intention exclusive au Seigneur de l’Univers, conformément au hadîth : « Les actes ne valent que par leurs intentions, et chacun est rétribué en fonction de celles-ci. » Il existe un autre critère de validité des actes. Autrement dit, ils doivent être en accord aves les textes sacrés et aux enseignements du Prophète (r), l’auteur des paroles : « Toute action non conforme à notre ordre sera refusée. » Il incombe au musulman de porter une grande intention à ces piliers en les effectuant au moment où ils sont réclamés et en fournissant les deux conditions précédemment citées : la sincérité exclusive et conformément à la sunna du Messager d’Allah. En conclusion, j’implore Allah (U) d’accepter notre jeûne (en remplissant ses deux conditions), ainsi que toutes nos adorations ! Qu’Il nous aide à Le remercier et à l’adorer convenablement ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et ses Compagnons ! Extrait du livre : ittihâf ahl el îmân de Sheïkh Sâlih el Fawzân. |
Le gaspillage de nourriture pour le repas de rupture du jeûne On posa la question à Sheïkh el ‘Uthaïmîn Question : Est-ce que le gaspillage de nourriture pour le repas de rupture diminue la récompense du jeûne ? En réponse : non, tout péché commis après le jeûne ne diminue pas sa valeur, bien qu’un Verset met en garde contre le gaspillage : [Mangez et buvez, mais sans gaspillez, car Il n’aime pas les gaspilleurs].[1] Le gaspillage est condamnable en lui-même, et la richesse repose à moitié sur l’économie. La meilleure façon d’éviter le gaspillage, c’est de prévoir une partie du repas pour les pauvres, au lieu de la jeter à la poubelle. |
Emmagasiner boisson et nourriture pendant le ramadhân On posa la question à Sheïkh el ‘Uthaïmîn Question : beaucoup de gens pendant le ramadhân ne pensent qu’à manger et dormir ; on dirait qu’il est devenu le mois de la fainéantise et du laisser aller. Certains malheureusement consacrent leurs nuits à s’amuser et leur journée à dormir ; quel conseil pourriez-bous leur donner ? En réponse : selon moi, en réalité, c’est une perte de temps et d’argent. Le but n’est de varier ses plats, ni de dormir la journée ni de passer des nuits blanches sans intérêt. Il va sans dire qu’on laisse ainsi une occasion en or qui n’est pas sûre de revenir. L’homme déterminé est réglé pendant le ramadhân ; il se couche tôt et se lève à la fin de la nuit pour se consacrer à la prière du tarâwîh dans la mesure du possible. Il consomme avec modération boissons et nourritures. Ceux qui en ont les moyens doivent veiller à faire manger les jeûneurs, que ce soit dans les mosquées ou ailleurs, car la récompense prévue à cet effet est énorme. On jouit en effet de la même récompense. Il faut donc en profiter au maximum. |
Les règles du jeûne De Sheïkh Sâlih el Fawzân Louange à Allah, le Seigneur de l’Univers ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, après lequel il n’y aura plus de prophète, ainsi que sur ses proches et ses Compagnons ! Sachez que le respect des limites du ramadhân imposées par le Législateur est l’une des règles importantes du jeûne (siyâm). Il n’est permis ni d’avancer ni de retarder ses dates. Autrement dit, il est interdit de jeûner avant le début et après la fin « officiels » du mois. Le Messager d’Allah (r) a prescrit : « faites le jeûne si vous voyez la nouvelle lune et finissez-le si vous voyez la lune suivante. » Rapporté par el Bukhârî et Muslim. Il a dit également : « Ne faites pas le jeûne avant d’avoir vu la nouvelle lune et ne le finissez pas avant d’avoir vu la lune suivante. » Rapporté par Ahmed et e-Nasâî. Le premier hadîth nous apprend qu’il faut entamer le mois à la vue de la nouvelle lune (hilâl) et le terminer à la vue de la lune suivante. Cela signifie que la durée du jeûne se confine dans la limite des deux hilâl. Dans l’autre hadîth, on trouve l’interdiction de jeûner avant la vision du hilâl et de finir le mois avant la vision du hilâl suivant. Certaines annales expriment explicitement l’interdiction de jeûner avant le début du mois du ramadhân avec l’intention d’y être. Cela revient en effet à ajouter un nouvel élément dans la religion. En outre, d’après e-Tirmîdhî, e-Nasâî, ibn Mâja, et ibn Hibbân, selon ibn ‘Abbâs – qu’Allah les agrée son père et lui – : « Ne faite pas le jeûne avant le ramadhân. » D’après Abû Dâwûd, toujours selon ibn ‘Abbâs : « N’avancez pas le mois du jeûne d’un jour ou deux. » C'est pourquoi il est interdit de jeûner le jour de doute (shakk). ‘Ammâr ibn Yâsir (t) est clair sur la chose : « En jeûnant le jour où règne le doute, on désobéit à Abû el Qâsim (r). » Rapporté par Abû Dâwûd et e-Tirmidhî qui l’a authentifié avant de faire le commentaire suivant : « Il est en vigueur chez la plupart des savants. » Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya – qu’Allah lui fasse miséricorde – explique à ce sujet : « La raison de cette interdiction, c’est qu’en principe et en apparence, il n’y a pas encore eu la nouvelle lune. De la sorte, en jeûnant ce jour en question, on devance le ramadhând’un jour, alors que le Prophète (r)l’a interdit. Les grands principes de la religion vont dans ce sens plus que n’importe quelle autre question. Il n’est en effet ni imposé ni recommandé de tenir compte du doute dans l’adoration. Il est même plutôt recommandé de l’évacuer dans un but de précaution. Les grands principes de la religion n’interdisent pas de prendre des précautions, mais ils ne l’imposent pas non plus sur la base d’un simple doute. » Fin de citation. Ainsi, il devient clair qu’il n’est pas pertinent de s’en remettre aux calculs astronomiques pour déterminer le début et la fin du mois, car cela nous pousserait forcément à jeûner avant la vision du hilâl, et par conséquent, à jeûner avant le début du ramadhân d’un jour ou d’eux. Ces calculs engendrent d’autres inconvénients comme l’obligation de jeûner le jour du « doute ». L’une des règles du siyâm veut qu’on retarde le repas avant l’aube (suhûr) le plus tard possible. L’essentiel est de veiller à ne pas dépasser le deuxième crépuscule (fajr thânî). Zaïd ibn Thâbît (t) nous raconte : « Un jour, nous avons pris le suhûravec le Prophète (r). Puis, nous nous sommes levés pour aller prier. - Combien de temps il y a eu entre ces deux instants, lui demanda le rapporteur du hadîth ? - L’équivalent de cinquante Versets ! » Rapporté par el Bukhârî et Muslim. Selon Abû Dharr, le Prophète (r) a dit : « Ma communauté sera toujours dans une bonne situation tant qu’elle retardera le suhûr et qu’elle avancera le futûr(la rupture du jeûne ndt.) » La raison, c’est que cela rend le jeûne plus facile. Allah (I) révèle également : [Mangez et buvez jusqu’à ce que vous distinguiez à l’aube un fil blanc d’un fil noir]. Il fait allusion à la noirceur de la nuit et à la blancheur du jour. Malheureusement, certains gens aujourd’hui veillent tard la nuit et prennent leur suhûr juste avant de dormir. Le problème, c’est qu’ils ne se réveillent pas pour la prière du fajr. Non seulement ils mangent avant l’heure, mais en plus ils négligent leur obligation. Ils n’accordent aucune importance aux prescriptions divines. Ils n’ont aucun respect pour leur religion, leur jeûne et leur prière. Tant qu’ils obéiront à leurs passions, ils n’auront pas d’autre comportement. L’une des règles du siyâm recommande de prendre le futûr le plus tôt possible, soit, immédiatement après s’être assuré que le soleil s’est bien couché. Et cela, conformément au hadîth cité précédemment : « Ma communauté sera toujours dans une bonne situation tant… qu’elle avancera le futûr. » Rapporté par el Bukhârî et Muslim. Il veut dire que notre communauté restera glorieuse et dans une bonne situation tant qu’elle respectera cette sunna. Parmi les règles du siyâm, on trouve la recommandation de rompre le jeûne avec une datte fraiche (rutab), ou à défaut d’en avoir, une datte sèche (tamar). Le Prophète (r) mangeait plusieurs rutab avant d’aller prier, sinon, il se contentait d’une tamar. S’il n’y avait aucune date, il se contentait de petites gorgées d’eau. Le hadîth sur la question est rapporté par Abû Dâwûd et e-Tirmidhî. Il est important de ne pas trop manger ni trop boire à l’heure du futûr, sinon, on va à l’encontre de la sunna, et on néglige ainsi la prière en commun. À défaut d’avoir des dattes fraiches, il convient de commencer son repas avec un aliment sucré qui n’a pas subi de cuisson. Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et ses Compagnons ! Extrait du livre : ittihâf ahl el îmân de Sheïkh Sâlih el Fawzân. |
Arrêter la prière après le ramadhân Le Comité permanent de la Fatwa et de la recherche Question : quelqu’un qui est assidu pendant le ramadhân à faire le jeûne et la prière, mais qui arrête la prière dès que le mois est fini. Dans ces conditions, son jeûne est-il valable ? En réponse : la prière est un pilier de l’Islam, elle est même le pilier le plus important après l’attestation de foi : celle-ci relève de l’obligation individuelle, peu importe qu’on la délaisse tout en reniant son aspect obligatoire ou par fainéantise, dans les deux cas son auteur devient mécréant. Par ailleurs, il est haïssable de prier uniquement pendant le ramadhan, car cela revient à ruser avec Alla h. c’est comme si on connaissait Dieu juste à cette occasion ! Non seulement leur jeûne n’est valable, car pendant l’année ils ne font pas la prière, mais ils sont des mécréants apostats, et cela, quand bien même ils ne renieraient pas son caractère obligatoire, selon l’opinion la plus juste des savants. Le Prophète (r) affirme à ce sujet : « La prière est le pacte qu’il y a entre eux et nous, la délaisser est de la mécréance. » Rapporté par l’Imâm Ahmed, Abû Dâwûd, Tirmidhî, Nasâî, et ibn Mâja avec une chaine narrative authentique, selon Buraïda el Aslamî(t) ; « L’Islam est la base de la religion, la prière est son pilier, et le djihadsur le sentier d’Allah est son sommet le plus haut. » Rapporté par l’Imâme-Tirmidhî – qu’Allah lui fasse miséricorde –, avec une chaine narrative authentique, selon Mu’âdh ibn Jabal (t) ; « L’abandon de la prière est la limite entre un musulman et la mécréance et le paganisme. » Rapporté par Muslim dans son recueil e-sahîh, selon Jâbir ibn ‘Abd Allah el Ansârî (t). De nombreux hadîth vont dans ce sens. Qu’Allah nous concède la vérité ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed ainsi que sur ses proches et ses Compagnons ! Le Comité permanent de la Fatwa et de la recherche Membre :‘Abd Allah ibn Ghudaïyân Membre :‘Abd Allah ibn Qu’ûd Vice-président :‘Abd e-Razzâq ‘Afîfî Président :Ibrâhîm ibn Mohammed Âl e-Sheïkh |
L’explication du hadîth :« Celui qui jeûne a une récompense et celui qui ne jeûne pas en a deux. » Le Comité permanent de la Fatwa et de la recherche Question : que veut dire le hadîth : « Celui qui jeûne a une récompense et celui qui ne jeûne pas en a deux. » ? En réponse : le hadîth en question est connu. Celui-ci est rapporté par Muslim dans son recueil e-sahîh, selon Unaïs (t), l’auteur des paroles : lors d’un voyage avec le Prophète (r), il y en avait parmi nous qui faisaient le jeûne et d’autres qui ne le faisaient pas. Nous fîmes une halte sous la chaleur ardente. La plupart d’entre nous se couvraient du soleil avec leur manteau, et les autres se protégeaient avec leur main. Les jeûneurs s’affalèrent, tandis que le reste du groupe montèrent les tentes et abreuvèrent les montures. Le Messager d’Allah (r) s’écria alors : « Aujourd’hui, les non jeûneurs ont ramené la récompense ! » Une autre version de Muslim précise : lors d’un voyage avec le Messager d’Allah (r), certains Compagnons jeûnaient contrairement aux autres. Les non jeûneurs attachèrent leur vêtement et se mirent à l’ouvrage, alors que les jeûneurs éprouvaient de la difficulté à les aider. Le Messager d’Allah (r) s’écria alors : « Aujourd’hui, les non jeûneurs ont ramené la récompense ! » Le sens de ces deux hadîth est clair ; ils nous apprennent en substance qu’il est préférable de ne pas jeûner en voyage quand les conditions sont difficiles, et que températures sont très élevées. Il vaut mieux donc profiter de cette permission que le Législateur nous accorde. Quand au hadîth évoqué dans la question, nous ne lui connaissons aucune origine. Qu’Allah nous concède la vérité ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed ainsi que sur ses proches et ses Compagnons ! Le Comité permanent de la Fatwa et de la recherche Membre :‘Abd Allah ibn Ghudaïyân Vice-président :‘Abd e-Razzâq ‘Afîfî Président :‘Abd el ‘Azîz ibn Bâz |
http://ramadhan.af.org.sa/node/1733
Les vertus du jeûne De Sheïkh Sâlih el Fawzân Louange à Allah, le Seigneur de l’Univers ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, le sceau des prophètes, ainsi que sur ses proches, ses Compagnons et leurs fidèles successeurs ! Nous allons aborder dans cette étude certaines vertus du jeûne. Le jeûne est l’une des adorations les plus efficaces pour purifier l’âme et corriger le comportement. Il renferme des vertus extraordinaires, dont : • Il cultive la crainte d’Allah dans les poitrines et il est un rempart contre les péchés. Allah (I) révèle : [Ô croyants ! Le jeûne vous a été prescrit comme il a été prescrit aux nations avant vous, ainsi serez-vous pieux]. Ce Verset nous apprend que le jeûne fut légiféré dans l’ambition de forger la crainte d’Allah dans le cœur des croyants. Le terme taqwâ est un nom générique qui renferme toutes les bonnes œuvres. La piété rapporte des bienfaits considérables et des fruits innombrables. Elle revient souvent dans le Coran en raison de Son importance. Les savants lui donnent comme définition : faire les obligations d’Allah dans l’espoir de gagner Sa récompense et s’éloigner de Ses interdictions par crainte de subir Son châtiment. Au sujet du passage : [ainsi serez-vous pieux], l’Imam el Qurtubî nous apprend : « « ainsi » (la’alla), signifie qu’il est à espérer de leur part qu’ils soient « pieux » ; c’est-à-dire qu’ils s’affaiblissent. Quand le corps s’affaiblit, l’envie, qui est la source des péchés, s’affaiblit également. Selon une autre exégèse, taqwâa le sens ici de protéger contre les péchés. Selon une autre tendance, il a un sens plus général. Le Prophète (r)en effet qualifie le jeûne dans les termes suivants : il est une protection contre les péchés (junna)et contre les envies sexuelles (wijâ). Il forge également la piété étant donné qu’il permet d’évacuer les envies. » • Le jeûne (siyâm) est un bon entrainement à la patience et à la persévérance. Le fidèle casse de sa propre initiative avec ses habitudes et ses penchants. Il encourage le désobéissant à ne pas succomber à ses penchants et à s’éloigner des péchés. Il apprend concrètement à s’en passer et à ne pas y penser dans le but de s’en débarrasser définitivement. Par exemple, il est extrêmement difficile pour les toxicomanes d’arrêter de fumer, mais le jeûne est la meilleure occasion de prendre le dessus sur soi. • Grâce au jeûne, le fidèle apprend à dominer ses mauvaises pulsions. À force de manger tout le temps, il se laisse dominer par ses penchants qui le poussent à la faute. Le jeûne lui permet ainsi de casser ce mauvais rythme et de rectifier le tir en revenant sur le bon chemin. • Le siyâm réduit la circulation du sang, et par voie de conséquence, il fait obstacle à Satan qui se déplace dans le corps par les voies sanguines. Lorsque l’individu se laisse aller, il ouvre la porte grande ouverte à Iblîs qui pourra le manipuler à sa guise. Le jeûne devient ainsi un rempart repoussant les incursions de l’ennemi de l’homme. • Le siyâm est l’occasion d’avoir plus de compassion pour les pauvres, car en subissant la faim, on n’arrive plus facilement à se mettre dans leur peau et à se solidariser avec eux. • Le siyâm est un moyen d’unir les musulmans et de mettre un terme aux divergences qui les déchirent. Ils entament et rompent leur jeûne ensemble. Il n’y a pas de différence entre les riches et les pauvres, les gouverneurs et leurs sujets, les hommes et les femmes. C’est donc un bon moyen de consolider les liens entre eux. • Le siyâm est plus propice à faire de bonnes œuvres. Les croyants se rivalisent dans le bien et sont beaucoup plus énergique qu’en temps normal. • Le siyâm attendrit le cœur et prédispose à l’évocation du Seigneur (dhikr). Il permet de mieux se concentrer sur l’adoration et d’évacuer l’esprit. • Le siyâm est à même d’entretenir un sentiment d’amour pour les bonnes œuvres et, en parallèle, de répulsion pour les péchés. On est peut-être capable ainsi de se régénérer pendant une longue période. Ce qui aura des conséquences en bien sur la pensée et le comportement dans la vie de tous les jours. Louange à Allah, le Seigneur de l’Univers ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et ses Compagnons ! Extrait du livre : ittihâf ahl el îmân de Sheïkh Sâlih el Fawzân. |
Suivre l’imâm Sheïkhel ‘Uthaïmîn Question : doit-on poursuivre avec l’imâm qui fait plus de onze rak’a ou bien partir en plein milieu du qiyâm (veillée nocturne) ? En réponse : la sunna veut qu’on suive l’imâm pour avoir droit à la récompense prévue à cet effet. Le Messager d’Allah (r) affirme à ce sujet : « Celui qui prie derrière l’Imam jusqu’à ce qu’il ait fini, c’est comme s’il avait prié toute la nuit. » Il nous encourage ainsi à rester assidus derrière l’imâm jusqu’à ce qu’il finisse la prière. Si l’on sait que les Compagnons (y) suivaient l’imâm qui ajoutait une rak’a, alors que dire d’une série de prières entières et légiférées par la sunna ? Les Compagnons (y) l’ont bien fait pour une rak’a qui, pourtant, ne faisait pas partie de la prière prescrite. Le Prince des croyants ‘Uthmân ibn ‘Affân (t) en est le meilleur exemple. àMina, il fit la prière du citadin en plein pèlerinage. Autrement dit, il pria quatre rak’a, là où le Prophète (r) et ses deux prédécesseurs en firent deux. Lui-même les imitait les huit premières années de son khalifat. Par la suite, il décida d’en faire quatre. Certes, les Compagnons n’étaient pas d’accord avec lui, mais cela ne les empêchait pas de finir la prière derrière lui. Nous ne sommes pas mieux que les Compagnons qui veillaient scrupuleusement à suivre l’imâm. Certains gens, comme nous pouvons le voir au Haram, partent avant la fin du tarâwîh, sous prétexte que le Prophète (r) était fidèle à onze raka’, et que la sunna en vigueur ne dépasse pas ce nombre. Ce à quoi nous répondons que le Législateur met plus l’accent sur l’obligation de suivre l’imâm. Alors, soyons assidus à la prière nocturne organisée à l’occasion de ce mois, de la même façon que, nous évitons, en état de jeûne, de faire des péchés (mentir, médire, calomnier, manger de l’argent illicite), conformément au hadîth : « Allah n’a pas besoin qu’on se prive de boire et de manger, quand on ne veut pas renoncer à le mauvais comportement, la calomnie et ses effets. » Le jeûneur doit renoncer en permanence à ces péchés et se pencher, notamment, sur la lecture du Coran, qui revêt un caractère spécial à cette occasion. C’est, en effet, au cours du ramadhan que le Livre sacré fut révélé. C’est à la même période que l’ange Gabriel rendait visite au Prophète (r) pour le lui faire réviser. Ces visites laissaient une grande emprunte sur lui ; il devenait plus généreux qu’un vent fertile. Le Coran avait des effets bénéfiques sur sa personnalité. L’aumône tient une grande place dans le quotidien du jeûneur qui doit en profiter au maximum. Celle-ci est de deux sortes : la zakât qui est obligatoire et la sadaqa bénévole qui ne revêt aucun caractère obligatoire. Elle s’adresse aux pauvres, aux nécessiteux, aux endettés, et à tout ceux qui en ont besoin. Elle a une saveur spéciale pendant le ramadhan, en sachant que la zakât à plus de valeur que l’aumône bénévole, comme nous l’indiquele hadîth divin dans lequel le Tout-Puissant déclare : « Mon serviteur ne peut mieux se rapprocher de Moi qu’avec les rituels que Je lui ai imposé. » Contrairement à certaines idées reçues, Allah préfère les œuvres obligatoires aux œuvres surérogatoires. |
Imiter des lecteurs connus lors dutarâwîh Sheïkhel ‘Uthaïmîn Question : certains imâms s’évertuent à l’occasion du tarâwîh à imiter des lecteurs connus en vue d’embellir leur récitation ; la question est la suivante : est-ce que genre de pratiques est légitime et autorisé ? En réponse : embellir sa récitation du Coran est tout à fait autorisé. Le Prophète (r) l’a même ordonné. Une nuit, il écouta la lecture d’Abû Mûsâ el Ash’arî qu’il appréciait. Il le lui fit savoir en ces termes : « On t’a doté des chants de la famille de Dâwûd. » Il est donc légitimé d’imiter une belle récitation du Coran en vue d’embellir sa voix et de lire le Livre d’Allah. Cette pratique est légitime à double titre ; déjà pour soit, mais aussi pour donner du tonus aux fidèles qui prient derrière. Ils sont plus à même de rester attentif et concentrer à la lecture. Allah octroie Ses bienfaits à qui Il veut, Lui dont les bienfaits sont immenses ! |
Quand le ramadhân fut-il prescrit ? De Sheïkh Sâlih el Fawzân Louange à Allah, le Seigneur de l’Univers qui a légiféré le jeûne pour purifier les âmes ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed – il avait la meilleure prière et le meilleur jeûne, il était assidu aux bonnes œuvres et était sur le droit chemin –, ainsi que sur ses proches, ses Compagnons et ses adeptes jusqu’au Jour de comptes ! Allah (I) révèle : [Ô croyants ! Le jeûne vous a été prescrit comme il a été prescrit aux nations avant vous, ainsi serez-vous pieux, etc.]. Dans ce passage, Allah nous informe qu’Il a prescrit le jeûne (siyâm) à notre communauté dans la continuité des communautés précédentes. Il utilise le verbe « kataba » (« écrire » que nous avons traduis par « prescrit » ndt.) qui a le sens d’ordonner. Le jeûne est donc imposé à la nation mohammadienne comme il le fut aux nations précédentes. En exégèse à ce Verset, certains savants avancent que le siyâm est en vigueur depuis l’époque d’Adam. Si le Seigneur nous le signale, c’est pour soulager les consciences. En gardant à l’esprit que tous les hommes des générations passées et futures partagent la même douleur, celle-ci devient beaucoup plus supportable. Ainsi, la siyâm a été légiféré pour tous les peuples, bien qu’il puisse dans la pratique y avoir des différences d’une époque à une autre. Sa’îd ibn Jubaïr explique : « Avant nous, le jeûne était des premières heures de la nuit jusqu’à la nuit suivante. » El Hasan souligne pour sa part : « Le jeûne était prescrit aux Juifs, mais avec le temps, ils le délaissèrent, et se mirent à jeûner une seule fois dans l’année, qui correspondrait, selon eux, au jour où Pharaon périt sous les eaux. Cependant, c’est un mensonge, étant donné qu’il s’agit du jour d‘âshûra. » Le jeûne était également prescrit aux chrétiens. Il fut respecté pendant une longue période jusqu’à ce qu’il tomba en pleine canicule. Il devint alors un véritable poids pour leurs voyages et leurs occupations quotidiennes. Leurs savants et leurs chefs s’entendirent d’un commun accord pour fixer le jeûne entre l’hiver et l’été, soit au printemps. Il était désormais à une date fixe. Puis, après cette réforme, ils ajoutèrent dix jours de plus pour se racheter de leur initiative. La saison du jeûne monta à quarante jours. Le Verset conclut ainsi : [ainsi serez-vous pieux]. Autrement dit, le jeûne est à l’origine de la piété. Il apprend au croyant à maitriser ses instincts et à se faire violence. Puis, Allah enchaine : [Des jours déterminés]. Selon une hypothèse, il s’agirait d’une période en dehors du ramadhân, et qui comptait trois jours. Selon l’opinion d’autres savants, il s’agit tout simplement des jours du ramadhân, comme le confirme la suite du Verset : [Le mois de ramadhân]. Pour appuyer cette thèse, ils expliquent qu’au début de l’Islam, on avait le choix entre jeûner ou faire une compensation, comme le dénote le passage : [Ceux qui en sont capables devront faire une expiation en nourrissant un pauvre. Pour celui qui veut donner plus, c’est encore mieux, mais le mieux pour vous, c’est de jeûner]. Par la suite, ce Verset fut abrogé. On n’avait plus le choix, il fallait obligatoirement jeûner. Allah (I) révèle en effet : [Celui qui parvient à ce mois doit jeûne]. Allah voulait à travers cela imposer progressivement le jeûne, par compassion envers Ses serviteurs. Il leur fallait un temps d’adaptation, car ils n’avaient pas l’habitude de faire ce rite. S’il avait été prescrit d’un coup, ils auraient pu en être brusqués. Ils avaient donc, dans un premier temps, le choix entre faire le jeûne et s’acquitter d’une expiation. Puis, lorsque leur foi se renforça et qu’ils étaient accoutumés à ce rite, une nouvelle loi tomba et fixa définitivement le jeûne. Il existe plusieurs exemples dans la législation musulmane où la loi fut instituée par étapes. Cependant, selon l’opinion la plus vraisemblable, le Verset vient uniquement abroger l’expiation pour le fidèle en bonne santé. Il est donc toujours en vigueur pour les cas de vieillesse et de maladie incurable. Autrement dit, les personnes concernées peuvent s’abstenir de jeûner, mais elles doivent en compensation nourrir un pauvre pour chaque jour manqué, sans devoir le rattraper. Quant aux personnes qui n’entrent pas dans cette catégorie, elles sont astreintes à jeûner. Le malade (atteint d’une maladie curable) et le voyageur devront récupérer leurs jours manqués, conformément au Verset :[Celui parmi vous qui est malade ou en voyage devra récupérer ses jours manquants]. Le jeûne du mois du ramadhân fut légiféré la deuxième année de l’Hégire. Le Prophète (r) fit neuf ramadhân. Depuis cette date, l’obligation de jeûner est devenue formelle. En reniant son aspect obligatoire, on devient apostat. Cependant, on peut manger pendant le ramadhân sans contester son aspect obligatoire. Dans ce cas, on commet un péché, certes grave, mais on ne sort pas de l’Islam. Il incombe toutefois de punir sévèrement le coupable et de le dissuader de récidiver. La porte du repentir reste ouverte. Il suffit notamment de récupérer le jour en question… Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et ses Compagnons ! Extrait du livre : ittihâf ahl el îmân de Sheïkh Sâlih el Fawzân. |
Au nom d’Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux La taqwâ : sa définition et ses fruits Par Sheïkh Sâlih el Fawzân Première partie Louange à Allah le Seigneur de l’Univers ! Des louanges à la fois pures, bénites et comme Il les aime et agrée ! J’atteste qu’il n’y a d’autre dieu digne d’être adoré en dehors d’Allah, Seul et sans associé ! Il détient les nobles Noms ! Et j’atteste que Muhammad, est Son serviteur, Son Messager, et le Prophète élu ! Que les Prières d’Allah et Ses plus amples Salutations soient sur lui, ainsi que sur ses proches, ses Compagnons, tous ceux qui se contentent de sa tradition et qui suivent sa voie ! Ensuite, chers fidèles ! Craignez Allah (I), et apprenez le sens du mot taqwâ (parfois traduit par crainte révérencielle ou piété ndt.). Allah (I) révèle : (Ô croyants ! Craignez Allah comme il se doit, et restez musulmans jusqu'à la mort)[1] ;(Ô croyants ! Craignez Allah, et prononcez des paroles pertinentes, Il raffermira vos œuvres et vous pardonnera vos fautes • Celui qui obéi à Allah et à son Messager, acquerra alors un succès immense)[2] ; (Ô croyants ! Craignez Allah, que chacun regarde ce qu’il réservé pour demain, et craignez Allah, car Il est connait parfaitement tout ce que vous faites).[3] Le Seigneur a ordonné tous les hommes du premier au dernier de Le craindre en disant : (Nous avons recommandé aux adeptes des écritures avant vous, ainsi qu’à vous de craindre Allah)[4] ; (Ô gens ! Craignez votre Seigneur qui vous a créé d'un seul être).[5] Il l’a plus particulièrement enjoint aux croyants comme vous l’avez notamment entendu dans les Versets précédents. Le Prophète (r) n’échappa pas à la règle, en témoigne le Verset : [Ô Prophète ! Crains Dieu et n’obéis pas aux mécréants et aux hypocrites ; Allah est certes Savant et Sage].[6] La taqwâ, qui est imposé à tout le monde sans exception, est la meilleure provision dont on peut s’armer, comme nous l’informe le passage suivant : [mais la meilleure des provisions est la piété].[7] Le terme taqwâ (parfois traduit par crainte révérencielle ndt.) est un nom générique qui renferme toutes les bonnes œuvres au niveau du cœur (croyance, intention), des paroles et des actes. Il touche donc aux adorations qu’elles soient apparentes ou cachées. Craindre Allah, dans la relation qu’on a avec Lui en se soumettant à Ses obligations et en s’éloignant de Ses interdictions ; craindre Allah, c’est L’adorer comme si nous le voyions, car si nous ne Le voyons pas, Lui nous voit. En sachant qu’Il nous voit, nous aurons plus d’entrain à faire des bonnes œuvres, et nous resterons pieux où que nous soyons. Le Prophète (r) nous enjoint : « Crains Allah où que tu sois. » Autrement dit, restez pieux dans n’importe quel endroit et dans n’importe quelle situation ; aussi bien dans la difficulté que dans l’aisance. Les anciens ont proposé plusieurs définitions du terme qui tournent toutes plus ou moins autour de la notion de faire les obligations en quête de la Miséricorde divine, et de renoncer aux interdictions par crainte du châtiment divin. Taqwâa également le sens de protéger contre les péchés. On fait preuve de piété en s’éloignant du mal. C’est ce que nous dit la Parole d’Allah (Y) précédemment citée : (Ô croyants ! Craignez Allah comme il se doit).[8] Il s’agit pour « comme il se doit », aux yeux des anciens, d’obéir à Allah sans Lui désobéir, de l’évoquer sans L’oublier, et de Le remercier sans Le renier. Il va sans dire que nul n’est à l’abri de la faute et de l’erreur. C’est la raison pour laquelle, les premiers fidèles accueillirent ce Verset avec appréhension, et ils le firent savoir au meilleur des hommes en s’exclamant : « Qui d’entre eux en est capable ? » Nous sommes tous sujets à l’erreur, à la faute, et à la négligence. La Révélation intervint alors pour mettre la chose au clair : [Craignez donc Allah autant que vous le pouvez].[9] Ce texte s’inscrit en explication du précédent. En d’autres termes, en craignant Allah dans les limites de ses possibles, cela revient à Le craindre comme il se doit. [Seigneur, ne nous tiens pas rigueur de nos oublis et nos erreurs].[10] Après la révélation de ce dernier Verset Allah promit : « Je consens ! »[11] Allah nous a facilité les choses et nous a allégé d’un lourd fardeau. Le prince des croyants ‘Alî ibn Abî Tâlib (t) nous résume la crainte d’Allah comme il se doit : « La piété, c’est crainte le Majestueux, appliquer la Révélation, et se préparer pour le départ. » Elle consiste à craindre le Seigneur, mettre en pratique le Coran et la sunna, et à armer ses provisions de bonnes œuvres pour l’autre monde, exactement comme nous l’enjoint le Coran : [Armez-vous de provision, en sachant que la meilleure des provisions est la piété].[12] Par Allah ! C’est n’est pas l’argent qui ne fait pas le bonheur, mais bien la piété, la meilleure des provisions à faire pour l’au-delà. Le Seigneur réserve aux pieux davantage. Nous devons donc l’adopter comme principe immuable, sans se laisser influencer par les vicissitudes de l’existence ni par l’instabilité des gens. Nous ne devons pas les imiter quand ils se laissent aller au péché, mais rester sur la même ligne de conduite. Dès que nous flanchons, nous nous remettons en question en nous repentant de notre manque de vigilance. La piété est le plus fidèle allié du croyant ; il la garde entre les yeux sans se soucier s’il est tout seul en entourer par des gens. Dès qu’on lui somme de craindre Allah, il sent la peur monter en lui et dévorer tout son corps, contrairement au malheureux : [et s’il lui est prié de craindre Allah, il devient plus virulent ; il aura pour rétribution la Géhenne, et quel mauvais lieu de séjour sera-t-elle !][13] Le musulman est pieux dans sa relation avec Allah et avec lui-même. Un hadîthnous trace la marche à suivre : « Dis toujours la vérité, même contre toi-même. » Il est pieux dans sa relation avec les gens : [Quand vous témoignez, alors soyez impartial, même envers un proche parent, et soyez fidèles à vos pactes envers Allah].[14] Nous devons craindre Allah dans nos paroles, et faire en sorte qu’elles soient pertinentes et sincères, loin du mensonge, de la médisance, et de la grossièreté. Purifions nos langues en multipliant les invocations d’Allah (I). Refugions-nous dans la piété et le repentir. Ceux parmi nous qui ont pour fonction d’arbitrer entre les litiges des citoyens doivent être nourris par la piété dans leur jugement : [Juge donc entre eux selon ce qu’Allah t’a révélé sans ne céder à leurs passions].[15] Ils ne doivent pas se laisser influencer par les réactions des uns et des autres, rester impartiales qu’ils soient contents ou non. Leur seul souci est de plaire à Dieu et de faire appliquer les textes du Coran et de la sunna. Quand les temps vont mal et que les troubles s’installent, ils gardent leur langue dans leur poche, veillent à orienter les autres dans le bon sens, mais sans alimenter les dissensions. Malheureusement, bon nombre de gens, surtout les hypocrites au cœur malade, sont très actifs pour réveiller des tensions latentes, en se cachant derrière une bonne image. En pareille occasion, tous les musulmans, notamment les savants et étudiants en religion, ont le devoir de calmer l’atmosphère, de rester objectif, de toujours dire la vérité, et d’infuser l’optimisme dans les rangs ; ils mettent en garde contre les méfaits d’actions irréfléchies à même d’élargir la rupture entre la classe dirigeantes et les citoyens. L’appel au calme est de rigueur. Le but est de protéger le sang, les biens et l’honneur des musulmans. Nous devons tout mettre en œuvre pour éteindre la flamme de la dissension, pour réconcilier entre nos frères, et installer un climat de détente dans la mesure du possible. Ces mesures sont valables aussi bien à grande échelle (au niveau de la société) qu’à petite échelle (au niveau des particuliers) : [Il n’y a aucun bien dans bon nombre de leurs conversations privées, sauf lorsqu’il s’agit d’inviter à faire l’aumône, à faire le bien, ou à réconcilier entre les gens ; celui qui agit ainsi en vue de plaire à Allah, Nous le rétribuerons bientôt une grande récompense].[16] Tous autant que nous sommes, affichons la plus grande sérénité, et faisons-la régner autour de nous, surtout aujourd’hui, car nous vivons une période extrêmement difficile. Je ne vous apprends pas que nos voisins sont éprouvés par la tragédie qui fut alimentée en partie par des mauvais orateurs. Certains pseudos savants notamment sèment les graines de l’anarchie et des guerres intestines. Ils marchent ainsi sur les traces de Satan qui les guide à sa guise : [Ne vois-tu pas que nous avons envoyons les démons à l’assaut des infidèles pour les inciter au mal].[17] Le musulman est enclin à dissiper les incompréhensions et les rancœurs qui règnent au foyer ou dans la société en général. Ramener une femme vers son mari et une atmosphère saine au seing du couple ou toute initiative de ce genre (réconcilier entre des frères de sang, les membres d’une famille) est très louable. En sachant que chacun doit craindre Allah dans la mesure du possible, surtout dans les situations difficiles. Je cherche refuge auprès d’Allah contre Satan le lapidé : [Les élus d’Allah n’ont rien à craindre et n’éprouve aucun chagrin•Ceux qui ont cru et qui craignent Allah • Ils recevront la bonne nouvelle sur terre et dans l’au-delà ; les Paroles d’Allah sont irréversibles, ce qui est une félicité extrême].[18] Qu’Allah nous bénisse vous et moi dans le Coran illustre ! Qu’Il nous fasse profiter de ses éclaircissements et de ses rappels pleins de sagesse ! Voici mes paroles, et je demande à Allah de nous pardonner tous nos péchés à vous, et à tous les musulmans en commençant par moi ! Alors, invoquer Son pardon et repentez-vous à Lui, Il est certes Absoluteur et Tout-Miséricordieux ! Seconde partie Louange à Allah pour ses faveurs et ses bienfaits ! Je ne serais recenser les éloges qu’Il mérite, Il est le Seul à même de faire Ses propres éloges ! J’atteste qu’il n’y a d’autre dieu digne d’être adoré en dehors d’Allah, Seul et sans associé, dans Sa Seigneurie, Sa divinité, Ses Noms et Attributs ! Et j’atteste que Muhammad est Son serviteur, Son Messager, et le meilleur de Ses créatures ! Que les Prières d’Allah et Ses plus amples Salutations soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches, ses Compagnons, et leurs fidèles successeurs ! Ensuite, chers fidèles, craignez Allah (I) ! Voici l’explication de la suite du Verset précédemment cité : (et prononcez des paroles pertinentes).[19] Le musulman doit faire attention à sa langue, car il devra rendre des comptes pour chacune de ses paroles. Selon un hadîth, en effet : « Que ta mère te perde, Mu’âdh ! Les gens seront-ils jetés en Enfer sur leur visage – ou bien a-t-il dit :sur leurs narines – pour une autre raison que le fruit de leur langue ? »[20] C’est la raison pour laquelle Allah nous enjoint : (et prononcez des paroles pertinentes).[21] L’homme est obligé d’utiliser ses cordes vocables, alors autant le faire à bon escient, soit en prononçant des paroles pertinentes (dires de bonnes paroles qui sont utiles à soi-même et à autrui). Elles sont notamment utiles à leur auteur qui multiplie l’évocation d‘Allah. selon certaines exégèses, les paroles pertinentes incarnent l’attestation de foi (lâ ilâh illâ Allah !). Le musulman scrupuleux veille à répéter souvent cette phrase extraordinaire, et, en règle générale, à dire des paroles droites. En parallèle, il évite toutes les paroles non pertinentes. Si celles-ci, malheureusement, remplissent les assemblées, elles n’en demeurent pas moins dangereuses. Elles sont capables de créer des guerres et de déstabiliser tout un pays. Elles avivent les tensions entre les gouverneurs et leurs sujets ; les défis et les provocations que se lancent les uns et les autres ne sont pas sans conséquences. Quand tout va mal, le sang, l’honneur et les biens n’ont plus aucune valeur. Alors craignez Dieu et surveillons nos paroles ! La suite du passage met en lumière les fruits qu’engendre la fidélité aux deux recommandations : (Ô croyants ! Craignez Allah et prononcez des paroles pertinentes)[22] ; conséquences : [Il raffermira vos œuvres et vous pardonnera vos fautes).[23] L’homme pèche le jour et la nuit, et les paroles pertinentes (glorifier et unifier Dieu, se repentir, prêcher la bonne parole, etc.) attirent le pardon divin ; premier résultat : [Il raffermira vos œuvres).[24] En ne respectant pas la seconde recommandation, on aura droit au contraire : [car Allah ne réforme pas les œuvres des corrupteurs].[25] Les mauvaises paroles sont à même de détruire des individus et des sociétés. Faisons attention, mesurons tout ce qui sort de nos bouches, et, à défaut de dire le bien, il est plus sain de se taire. Le Prophète (r) préconise, en effet : « Celui qui croit en Allah et au Jour du jugement dernier, qu’il dise du bien ou qu’il se taise. »[26] L’homme est prisonnier de ses paroles ; quand il s’agit de la médisance, seul le repentir peut l’en délivrer qui réclame notamment de présenter ses excuses à sa victime en vue d’échapper à sa vengeance le Jour de la résurrection. C’est pourquoi, souvent, le silence est d’or. Craignez Dieu : [Il raffermira vos œuvres).[27] Réconcilier entre les gens entre également dans les paroles pertinentes. Second fruit en conséquence aux paroles pertinentes : [et vous pardonnera vos fautes).[28] C’est un intérêt extraordinaire, en sachant qu’Allah (Y)ne trahit jamais Ses promesses. Gardons ce Verset parmi tant d’autre entre nos yeux, et prenons-le comme ligne de conduite qui nous suivra tout au long de notre vie, et qui nous permettra d’utiliser la bonne balance dans nos relations avec les autres, mais aussi avec nous-mêmes, et avant tout avec le Seigneur de l’Univers. Veillons à garder des paroles pertinentes jusqu’à notre dernier souffle ; même au moment des recommandations pré-posthumes, en partageant l’héritage avec équité : [Que les tuteurs aient pour leurs pupilles les mêmes craintes que s’ils laissaient derrières eux des enfants sans ressources ; qu’ils craignent Dieu et qu’ils disent des paroles pertinentes].[29] L’héritage est une lourde responsabilité, et tout partage inéquitable est vivement réprimandé par la religion. Selon certaines annales, un homme pieux, qui, en plein agonie, est injuste dans la transmission de ses biens, sera jeté au feu pour cette dernière action. Restons lucides dans nos paroles et méfions-nous des maladresses verbales, sinon nous allons droit à la chute qui n’est pas forcément provoqué par un mauvais pas ! Faisons attention aux morsures de serpents, car combien d’homme furent mis en tombe à cause de leur langue, et qui, pourtant, aurait fait renoncer les plus courageux d’entre nous ! Alors, ne perdons jamais de vue ce noble Verset. Sachez que la meilleure parole est celle d’Allah, la meilleure voie est celle de Mohammed (r), et les pires des choses sont les innovations ; toute innovation est égarement, et tout égarement mène en Enfer. Restez attachez au groupe, car : « La main d’Allah est sur le groupe, celui qui s’en sépare, c’est pour aller en Enfer. »[30] [Allah et Ses anges prient sur le Prophète ; vous les croyants priez sur lui faites lui les plus amples salutations].[31] Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur son serviteur et messager, notre Prophète Mohammed ! Ô Allah, agrée les khalifes et les imams bien guidés Abû Bakr, ‘Omar, ‘Uthmân, et ‘Alî, ainsi que tous les Compagnons, leurs successeurs directs, et tous leurs fidèles successeurs jusqu’à la fin du monde ! Ô Allah, donne le triomphe à l’Islam et ses adeptes, et rabaisse le paganisme et ses adeptes, et réunis les musulmans sur la parole de l’Islam ! Ô Allah, réforme notre religion qui est notre patrimoine, réforme notre vie matérielle qui nous maintient au quotidien, réforme notre au-delà ou se trouve notre demeure éternelle ! Pardonne-nous, efface nos péchés, et fais-nous miséricorde ! Ô Allah, réformes nos responsables de l’autorité, fais d’eux des exemples à suivre, non des mauvais exemples égarés ! Ô Allah, réforme leur entourage, et éloigne-les des mauvais entourages et des corrupteurs ! Ô Seigneur de l’Univers ! Ô Allah, améliore la situation des musulmans partout dans le monde, et préserve-les du mal de leurs ennemis corrupteurs, parmi les mécréants, les hypocrites, les païens ! Ô Seigneur de l’Univers ! Seigneur, accepte nos œuvres, Tu es certes l’Entendant et le Savant ! Serviteur d’Allah : [Allah ordonne la justice, la vertu, et la charité envers les proches ; comme Il interdit la perversité, la débauche, et l’animosité ; Il vous exhorte ainsi allez-vous réfléchir • Et soyez fidèles aux engagements que vous avez noués avec Allah, et ne violez pas les serments que vous avez solennellement prononcés, alors que vous avez pris Allah comme le garant de votre bonne foi, car Allah sait ce que vous faites].[32] Évoquez Allah et Il vous évoquera, et remerciez-Le pour Ses bienfaits et Il vous donnera davantage ! L’évocation d’Allah est plus grande, et Allah connait vos faits et gestes ! [1]La famille de ‘Imrân ; 102 [2]Les coalisés ; 70-71 [3]Le rassemblement ; 18 [4]Les femmes ; 131 [5]Les femmes ; 1 [6]Les coalisés ; 1 [7]La vache ; 197 Le hadîth sur le sujet est rapporté par el Bukhârî (1533) et Abû Dâwûd (1630). [8]La famille de ‘Imrân ; 102 [9]La duperie mutuelle ; 16 [10]La vache ; 286 [11]Le hadîth sur le sujet est rapporté par e-Tabarî dans son tafsîr (3/154), selon ibn ‘Abbâs – qu’Allah les agrée son père et lui –. [12]La vache ; 197 Le hadîth sur le sujet est rapporté par el Bukhârî (1533) et Abû Dâwûd (1630). [13]La vache ; 206 [14]Le bétail ; 152 [15]Le repas céleste ; 49 [16]Les femmes ; 114 [17]Mariam ; 83 [18]Yûnas ; 62-64 [19]Les coalisés ; 70-71 [20]Rapporté par Ahmed dans el musnad (22016), e-Tirmidhî (2616), et ibn Mâja (3973), selon Mu’âdh ibn Jabal (t). [21]Les coalisés ; 70 [22]Les coalisés ; 70 [23]Les coalisés ; 71 [24]Les coalisés ; 71 [25]Yûnas ; 81 [26]Rapporté par el Bukhârî (6018), et Muslim (47), selon Abû Huraïra (t). [27]Les coalisés ; 71 [28]Les coalisés ; 71 [29]Les femmes ; 9 [30]Rapporté par el Hâkim dans el mustadrak (1/115), selon ‘Abd Allah ibn ‘Omar – qu’Allah les agrée son père et lui –. [31]Les coalisés ; 56 [32]Les abeilles ; 90-91 |
| ÇáÓÇÚÉ ÇáÂä 02:44 PM. |
Powered by vBulletin® Copyright ©2000 - 2017, Jelsoft Enterprises Ltd. TranZ By
Almuhajir
Salafi Tasfia & Tarbia Forums 2007-2013